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samedi 14 juin 2008

Noir ou blanc

J'ouvre les yeux.

Mes yeux sont ouverts.
Mais que voient-ils ? Qu'est-ce que je vois ?

Du noir, du noir partout, je ne vois rien... Je ne sens rien... Une tache plus clair, tout est flou. Où suis-je ? Je commence à me rappeler. Une lumière étincelle au-dessus de moi, s'étoile, me force à bouger la tête. J'ai mal au yeux... J'ai l'impression que mon cou est en bois et qu'il craque lorsque je le bouge avec difficulté. Je suis allongé sur le dos... Comme collé au sol, je n'arrive pas à décoller les épaules... Je me rappelle. J'ai terriblement soif. Je suis allongé sur le sol. Je ne vois que tu noir autour de moi. Des façades noires, une rue noire, une nuit noire. Un flash blanc m'aveugle, rend tout lumineux, uniforme. Je ne vois rien que du blanc... Et puis, à nouveau, tout est noir. Pas sombre, noire, obscure, infinie, dense, palpable, noire. Une nuit noire... Mon dernier souffle. Une nuit noire, je bouge mes doigts vers cette partie de mon corps qui ne semble plus exister... Existe-je encore ? Mon ventre. J'ai mal. Je ne sais pas si je pleure, mes larmes mêlées de la pluie qui frappe mon visage. Pas de douleur, mais de quelques chose d'infiniment plus douloureux. Un rugissement terrible fait frémir mon corps et m'arrache un gémissement qui s'éteint doucement. C'est le tonnerre. Il y a eu l'éclair. Il y a le tonnerre. Lequel est pire ? L'un m'aveugle, l'autre m'assourdit, les deux me séparent de ce monde. Je suis entre ciel et terre, entre supérieur et inférieur, entre paradis et enfer, en noir et blanc, entre mes mains de Dieu et du diable. Mais je n'ai pas de degré d'acceptation, pas de nuances dans cet univers qui m'aspire en cet instant.... Je suis mourant. Pas de gris, pas de rédemption. Seulement le noir.

Je retire mes doigts de mon ventre et les ramènent devant mes yeux. Je vois clairement mes poignets blanc aux veines saillantes d'ombres obscures, mais mes doigts sont absents... Ils sont complètement noirs, rendu invisibles sur fond noir. Ils sont couverts de mon sang. Le sol sous moi est si confortable, toute envie de me battre contre ma mort qui s'approche s'envole de moi. M'échappe... Ma vie m'échappe... Et je suis là, sur le sol, mourant, sans faire le moindre effort pour vivre... C'était un coup de couteau je crois... Un coup... Pour te protéger, pour te défendre... Qui t'as voulu du mal ? Qui t'as donné ce coup ? Je ne l'ai même pas vu dans le noir. J'ai juste pris le coup. Et maintenant mon sang se refroidit tandis qu'il s'échappe de la plaie qui béait sur mon abdomen. Où es-tu maintenant ? Quelque part, répandant des larmes pour l'homme qui se soir meurt dans la nuit... Que la mort m'apparaît comme sereine en cette minute où je m'abandonne au Dieu miséricordieux qui m'accordera la rédemption, l'oubli, le néant, le pardon. Je n'ai pas été un honnête homme durant ma vie, j'ai fait beaucoup de mal, mais je suis heureux de mourir comme ça... Même si je suis seul cette nuit ? Où es-tu ? Je n'arrive plus à presser mes mains sur mon ventre et je les sens glisser jusqu'au sol où elle demeurent inertes. Je ne sais même pas si je respire. Je n'entends rien. Le noir est si calme. Je ne sens plus rien.

Un pétale s'envole dans le vent. Il vient de ma main entrouverte. C'est ton pétale. Celui de ton amour que tu m'as donné ce soir. J'essaye de bouger les doigts, mes le pétale s'envole... Déjà je ne le vois plus. Il était scintillant, blanc, noir, blanc, noir... Il palpitait dans le noir. Il s'est envolé... Mais il n'y a que le pétale qui se soit envolé. Ce que je ressens est toujours là. Je suis toujours là. Muré dans le silence par la faiblesse, par la nuit, par le noir. Je ne verrais peut-être plus jamais le jour. Je serais mort avant... Mais le jour existe encore...

Et tout à coup, je ressens tes lèvres sur les miennes. Doucement, du bout des tiennes, tu éfleures les miennes. Ce n'est pas un long baiser. Il est bref, mais emplie d'affection. Doux... Sensible... Bon... Il me réconforte... Mais déjà tu as disparue... Déjà tu n'es plus... A peine frôlées, déjà envolées... C'est moi... Je suis mort... Mon ange est venu me chercher... Ma vue... Le noir... Presque... Quelque chose bouge et glisse vers moi... Flotte vers moi... J'aimerais tellement tendre les bras vers lui... J'éprouve de la joie de le voir... C'est le pétale... Ton pétale... Il redescend sur moi... Et se dépose sur mon visage... Ton baiser... Mon ultime pensée avant de sombrer... Ce pétale... Qui symbolise tout... Qui contient tout... Ta douceur... Ta joie... Ta présence... Ton amour... Tu es le pétale... Je suis ce pétale... Venu m'accompagner... M'aider... Mon ange revenu... Je m'élève... Aspiré vers autre chose... Je ne suis plus... Qu'un reflet de ce que je suis encore... Je sombre... Un reflet vivant... Un corps mort... Le moment de savoir si je suis noir ou blanc... Je m'accroche un instant à ce monde...
A toi... Au pétale... Que j'aime.


--- Eleken,
Un vendredi entre noir et blanc, tendance gris sombre

lundi 19 mai 2008

Treize...

Ça fait treize maintenant. Un sourire s'étirent sur mes lèvres... Comme toujours. Celle-là m'auras donné un peu plus de mal que les autres. Un peu plus de plaisir aussi en conséquence. Je n'aime pas quand c'est trop facile. Et ça devient beaucoup trop facile. Presque répétitif... Il va me falloir compliquer le jeu. Ajouter des règles, des défis. Me compliquer la tache. Rire, j'en ris doucement. C'est moi qui parle comme ça ? Normalement, je devrais plutôt me cacher, me fondre, me faciliter la tache non ? Le soleil n'est pas encore apparu mais il ne saurait tarder. De quoi ai-je l'air ? Un promeneur matinal ? Probable. Je n'ai certainement pas l'air de ce que je suis en réalité... Je n'en ai jamais eu l'air. Paradoxalement, dans quelques minutes, je ne le serais plus... Jusqu'à la prochaine fois. Aie ! Mon bras me fait un peu mal sous la manche de ma chemise. Il faut que je désinfecte ça avant d'aller au travail. La petite complication de cette nuit. Un peu de négligence. Un ongle me faire du dégât quand il se plante quand la chair. Ma chair. Et si elle était arrivée à s'enfuir ? Il faut que je fasse un peu attention tout en compliquant tout ça. Elles ne me connaissent pas bien sûr... Mais un peu de malchance ajoutée à un peu de chance pour l'une d'entre elle et... Hum... Me faire prendre... Et pourquoi pas ? Que c'est frustrant de ne pas pourvoir le dire à personne, ne pas pouvoir vanter mes exploits. Mes nuits de chasse où j'éprouve ma supériorité sur le reste de cette humanité décadente et puante. Pas comme le travail de ces charognards, ces imbéciles violents... Étrange, comme je n'ai jamais sommeil avec ces nuits là où pourtant je n'ai pas dormis. C'est comme si moi, celui qui travail, avait dormis et pas l'autre... Celui qui... Enfin... L'autre, après avoir bien travaillé, pouvait maintenant se rendormir pour quelques temps. Mais pour combien de temps ? Souvent durant ces phases « entre » j'ai l'impression que plus jamais il ne se réveillera... Mais peu importe le temps, au final, que ce soient des semaines ou des mois... Même des années... Il finit toujours par revenir... Une vague, une intuition, une pression dans mon esprit... Un chuchotement, un murmure dans ma tête... Ma voix, ma propre voix, mais je le reconnais toujours, car même avec ma voix, ce n'est pas tout à fait moi... Mais que ses paroles sont séduisantes, puissantes, enivrantes, quand elles me parviennent. Qu'elles peuvent se montrer insistantes quand j'essayais de ne pas les écouter. Et dire que pendant des années, j'ai lutté contre elles... J'ai prié pour qu'elles s'échappent de moi, me laissent en paix... Les drogues qui me plongeaient dans l'hébétude... Alors que c'étaient les voix d'un ami... Qu'elle plénitude quand je l'ai finalement écouté. Quel soulagement... Un peu comme le premier plaisir solitaire chez les autres hommes je présume. La fin d'une frustration immense devenue intolérable... Et de treize maintenant. Serais-je un jour pris, surpris, arrêté ? Probable... Que je me laisserais prendre... Pour le plaisir, pour raconter... Mais pas avant longtemps, très longtemps. Je devrais peut-être écrire un livre. Dire à tous ceux qui, comme moi, sont habités par la pulsion, qu'il faut se laisser aller. Ô bien sur pas stupidement, pas avec ignorance et faire dans la boucherie. Non, bien sur. Choisir, délicatement et avec précision, l'objet de sa chasse, celles ou ceux qui le méritent, bien sur. Oui c'est ça, celles ou ceux qui le méritent. Celles qui étaient cruelles et malfaisantes avec les autres enfants quand elles étaient petites... Celles qui... Mais, je me perds dans mes pensées, je ne suis déjà plus qu'à quelques centaines de mètres de la porte de mon immeuble et le feu du soleil s'apprête à embrasser le ciel. Je dois prendre une bonne douche, me désinfecter le bras et surtout, m'en débarrasser... La puanteur de sa peur lorsque j'ai enfoncé la lame dans sa gorge et qu'elle s'est sentie mourir... Je les sorts de ma poche et commence à les envoyer une par une autour de moi discrètement. J'ai fait disparaître le corps dans le foyer d'une chaudière comme toujours... Mais je dois empêcher au maximum l'identification... Une dent dans la bouche d'égout, une autre dans le ruisseau là, une deuxième un peu plus loin... Et les dents, c'est important, de ne pas les laisser... D'autres dans l'herbe... J'ai trop tardé à les semer, il m'en reste trop et je ne dois pas les disséminer de manière aussi proche... Tant pis, pour cette fois, je me débarrasserai du reste ce soir en allant me promener. Espérons que cela ne soit pas une erreur. J'en laisserai une ou deux de plus dans les poubelles du train... Au revoir l'ami, dors bien... Je tape le code de ma porte d'entrée et rentre dans l'immeuble encore endormis. C'est une belle journée qui commence, je me sens serein et reposé. Je croise la concierge aux yeux gonflés que je salue. Elle me rend mon sourire. J'ai remis mon masque d'humain. Elle s'y trompe... Pour elle, je suis le gentil jeune homme du quatrième... Pour tous le monde. Quelque part au fond de moi, d'une voix endormie, que je sais souriant, j'entends mon ami ronfler, comme pour me dire qu'il est là, qu'il ne me quitte pas.
Ne t'inquiètes pas... Je prendrai soin de nous.

--- Eleken,
Allez, un petit texte avant un bon dodo :o)

dimanche 4 mai 2008

La rive

Passer de l'autre côté... Cela m'obsède, me presse depuis tant de siècles... Passer de l'autre côté, franchir la rivière, voir ce qu'il y a au-delà des montagnes sombres de l'est. J'en vois passer des centaines, des milliers, des dizaines de milliers. Depuis que je suis ce que je suis, j'en ai vu passer des millions. Aurais-je seulement la force. Il m'avait prévenu. Comme condamnation, j'entends chaque instant ça voix profonde et puissante me le dire, me prévenir... Me punir. Accepter ce don, c'est aussi maudire mon âme. Me voir refuser l'accès à la rédemption... A la mort. Dieu, pourquoi ne t'ai-je écouté ? Nul chemin ne mène plus de l'autre côté que celui-ci. Je l'ai accepté... Mais j'étais jeune ! Stupide... Naïf... Il m'a proposé le cadeau, le don, la transmission... Et de mon enfance, de mon humanité hasardeuse et maladroite, j'y ai vu un don magnifique. Ô imbécile que j'étais. Comme les hommes sont heureux d'êtres des hommes... Des mortels. J'ai vécu... Combien ? Dix ans ? Un siècle ? Deux, avant de comprendre, comprendre que la vie ne méritait pas d'être éternelle, que la vie était une souffrance et que de par ma stupidité, cette souffrance, cet enfer n'aurait pas de fin. Une nuit, alors que je n'avais que dix-huit ans tout au plus, je n'arrive même plus a m'en rappeler... Une nuit, il est venu. Je me rappelle sa peau laiteuse, ses yeux lumineux, sa silhouette iridescente dans l'obscurité. C'était un damné, un demi-démon affamé... Cette nuit là, il m'a pris, il a bu tout ce que j'avais à lui donné... Son étreinte, la première extase de mon existence... La dernière. Le seul moment où je suis sentis vivre. Quand ses dents se sont enfoncé dans ma gorge, quand sa langue est venue caresser ma peau. J'ai frissonné, tous mes poils se sont hérissés. Je voulais... Ma gorge s'est déchirée avec une douceur inénarrable, impossible a retranscrire. Je n'ai jamais connu l'amour d'une femme, mais je doute que la jouissance obtenue équivaille, ne serait-ce qu'approchante, ce que j'ai vécu à cet instant... L'a t-il su ? L'a t-il senti ? A t-il perçu à travers moi, comme je l'ai moi-même ressenti plus tard, toute la force des sentiments qui m'ont saisi. Il n'empêche que cela fut bien trop court... Une éternité dans un souffle... Quand je suis tombé au sol, arraché à son étreinte, j'ai ressenti une souffrance ignoble et obscure... La peur de la mort s'est insinuée en moi... Je mourrais... Il s'est penché sur moi et m'a repris dans ses bras... J'ai gémi, heureux de retrouver là son contact... Et quand il m'a proposé... J'ai accepté... Fou de joie... J'étais heureux... J'avais l'impression de l'être pour la première fois de ma vie. Je ne l'ai jamais revu. Est-il mort ? Brûlé par le soleil ? Un vieil érudit m'a dit un jour que notre âme n'étais pas pour autant libérée, que la souffrance devenait infinie sans corps pour la protéger du monde matériel... Quand savait-il lui ? Rien, comme moi... Condamné comme moi à errer sans comprendre, sans savoir, sans pouvoir... Seulement animé par la soif...
Le temps a passé... Beaucoup de temps... D'innombrable nuits... J'ai vu des villes se battirent, des guerres commencer et se terminer, des civilisations disparaître... Et puis, ne supportant plus le... passage du temps... J'ai cherché un moyen. Pas un moyen de disparaître, il aurait suffit pour cela de plonger mon regard dans celui de Ra pour ne plus exister... Non, un moyen de laver mon âme de mes pêchés, un moyen de mourir... Vraiment. J'ai cherché, j'ai combattu... Et puis, je suis arrivé ici... Aux portes de la mort... Au bord du Styx... Je l'ai cherché longtemps, la porte vers ce monde... Et puis j'ai fini par la trouver... Cachée au plus profond de chacun de nous... Dans le coeur de chaque hommes... Mais voilà des siècles que je le regarde sans oser le traverser... Car l'épreuve est immense... Insoutenable... La première fois que j'ai tenté de le franchir... Toutes les colères du monde... Toutes les souffrances que j'ai infligé... Tous les morts que j'ai amené ici mordirent mes jambes, hurlèrent à mes oreilles... Ma peau s'était comme déchirée sous l'attaque de leurs ongles... Et pourtant... Il me faut traverser... Une fois mon âme de l'autre côté... Sur l'autre rive... Le démon qui m'habite sera bien forcer de me libérer... Je crois...
Mon pied s'enfonça dans l'eau calme du fleuve qui se mis immédiatement à bouillonner... Leurs cris s'élevèrent... Ou bien peut-être le mien, comme savoir quand c'est la folie même qui parle et écrit ce récit... La douleur m'arracha des larmes tandis que je m'enfonçais toujours plus... Avancer... Ne pas reculer... Immortalité... De l'autre côté... C'est là le... Je mourrais... Châtiment infini.

--- Eleken,
Un dimanche chaud qui préfigure l'été
(comprendre bière+musique+doigts de pied en éventail :op)

jeudi 24 avril 2008

Quelques gouttes en soirée

Ce soir la pluie a ruisselé sur mon visage, elle était annoncée. Par le vent et les gouttes qui, la route, parsemaient. De la poussière et des feuilles fouettaient mon visage de douce façon, assaisonné tout à la suite de cette eau qui commencait, s'amoncellait, sans parcelle, se préparait à tomber sur nos corps, sur la foule, sans volonté, mais avec soudaineté. Je marchais donc, simplement, de la fin de cette journée, humant l'air électrique, devinant l'orage qui s'approchait. Les ombres volaient par-dessous les nuages, les branches ondoyaient, pliaient sous la force de Fujin qui nous caressait de sa bonté. Puis le Kami sembla éternuer, se muer, m'envelopper. Je ne voyais plus les arbres, je ne voyais plus les autres, je ne faisais plus que ressentir, le vent sur ma peau, la pluie sur mon visage. J'ai humé cette odeur, mi-âcre, mi-douce, celle de la terre sur laquelle je marche. Cette terre qui s'abreuve, qui porte et qui parfois souffre. Cette odeur enivre mon âme. Je suis projeté dans un voyage de l'esprit, sous les tilleuls, sous les éclairs, dans l'enfance... L'orage est pour moi la liberté, la libération des forces et des éléments, la fin d'une après-midi trop brûlante, la venu de la fraîcheur bienveillante. La pluie se fait battante, combattante. Aidé du vent, elle s'insinue, se faufile, m'aveugle. Je ruisselle telle une montagne d'une multitude de courant minuscules. Je goutte... Et puis le Kami s'apaise, la pluie s'épuise. Je suis toujours là, debout... Je sourie...

--- Eleken,
Quand j'y pense, tout ça pour dire que j'ai pris une averse en rentrant :op

mardi 22 avril 2008

Memo Zombie n°L29-48B.

Analyse sur les cas de zombie, zombification et déambulation maladive
Auteur Professeur Nicolaï wickoloski


Mes très chers collègues et survivants,

Comme vous le savez, depuis maintenant 12 mois, les morts sortent de leurs tombes par milliers sur la simple région qui nous entoure. Les informations qui nous sont parvenues avant la fin des émissions nous laissent à croire que cela s'est reproduit partout de par le monde. Notre espèce est en péril, cela va sans dire. L'inconnue, notre incapacité à comprendre l'origine du phénomène, virale, chimique ou divine nous met dans une situation dramatique. Nos morts, même ceux qui tombent entre nos murs, se relèvent presque systématiquement. Ainsi, depuis plusieurs mois, notre communauté à mis en place les mesures que vous savez. A savoir, que toutes personnes mordues et abandonnée à la surface, que tous les membres des équipes de reconnaissance en surface subissent une inspection complète à leur retour ainsi qu'une mise en quarantaine d'au moins 24h. En effet, aucun cas de morsure n'a vu le sujet survivre à une seule journée. Selon l'âge et l'état de santé, la "zombification" de l'individu prendra de 2 heures à 18 heures pour le cas le plus long constaté (Arthur M. mordu le 17 juillet 2013, mort et abattu le 18 juillet). Parmi les mesures plus simples, chaque personne s'enferme de manière individuelle dans une "cage" doté d'un mécanisme à clef qu'un zombie, de par son imbécillité constaté, est incapable d'utiliser par lui-même. Cela à réduit de manière très conséquente les contaminations internes, par contre cela complexifie dramatiquement les échanges à l'intérieur des couples, mais ce problème trouvera sa solution en temps voulu (je préconise la création de "salle de reproduction" surveillé par un homme armé dans lequel les couples pourront se livrer à toutes formes de libertés sexuelles). Néanmoins, tout ceci n'est que réaction et je vous fais ce courrier afin que nous passions sous peu à l'action.

La vraie question, c'est que savons-nous ? En vérité, bien peu de choses. Nous savons que les zombies sont stupides, qu'ils sont véritablement morts, toutes activités autres que cérébrale ayant disparue. Par ailleurs, la dites activité cérébrale est fortement réduite et perturbée, ce qui les rends à la fois, stupides, lents et peu dangereux prit individuellement. En effet, le manque d'oxygène dans les muscles - ils ne respirent pas - et la faiblesse de l'influx nerveux les rend faibles. Ainsi un homme solide et jeune n'aura aucun souci à éviter un petit groupe, même à repousser un individu isolé. La plupart des contaminations d'ailleurs sont le fruit d'accidents malheureux où de petits groupes d'hommes furent surpris dans le noir ou par un buisson mal vérifié dans son contenu. Bref, les zombies, si ce n'est notre propre "zombification" à notre mort naturelle ne devrait pas poser de gros soucis pour la survie de notre propre espèce. Je pense d'ailleurs qu'une automatisation d'un "collier de décapitation en cas de mort clinique" devrait faire partie de nos priorités dans le futur. Pour revenir au sujet principal, notre autre grande connaissance et que, séparé d'un système cérébrale central, leur corps devient aussi flasque que n'importe quel mort de l'ancien temps (attention, néanmoins, l'ingurgitation d'un corps entraînera la "zombification" comme l'a démontré mes travaux sur les rats, d'ailleurs dans un autre memo, j'évoquerais ce mystère concernant la non-transmission du "paramètre zombi" aux animaux par morsure entre eux, uniquement par ingestion de restes humains), ainsi il suffit généralement de détruire le cerveau pour éliminer la menace. Ceci s'explique assez facilement. Par contre d'autres points restent mystérieux. Leur peur de l'eau, leur non-attirance pour les animaux, leur décomposition ralentie, leur non-anthropophagie (non-cannibalisme). En effet, ils sont très attirés par nous-mêmes, se délectant de nos chairs sanguinolentes et tièdes. Pourquoi se détournent-ils de nous à peine le trépas constaté ? (notre viande mettra pourtant plusieurs heures avant de montrer des signes de décomposition). J'ai sur le sujet, plusieurs théories. Les zombies éprouvent pour nous, non pas de la faim, mais une haine profonde, bâtie sur la jalousie, nous sommes vivants et eux non, provoquant une frustration énorme (malgré le ridicule apparent de cette conclusion, regardait attentivement le regard du prochain zombie qui vous attaquera). Une autre supposition plus hasardeuse laisserait à croire que le battement de nos cœurs associé à notre odeur aurait un effet hautement érotique sur eux, les poussant à chercher l'accouplement avec nous de manière ô combien maladroite et destructrice. Enfin, notez de ne jamais laisser sortir ou jouer un enfant en extérieur, les pendants zoophile et pédophile des zombies étant l'évidence même...Excusez-moi, je crois que je divague, c'est que, voyez-vous, j'ai de la fièvre comme je vous l'expliquerai en conclusion. Pour revenir au sujet, pourquoi les zombies veulent nous manger ? Pourquoi ont-ils peur de l'eau ? Ils ne savent pas nager c'est certain, mais même plongé dans l'eau pendant des heures, leur activité ne cesse pas comme j'ai pu l'expérimenter. Comment cela se propage-t-il ? En effet, exception faite de cas rarissimes, nos morts se "zombifie " tous à leur trépas. Pourquoi ? Je n'ai jamais réussi à trouver le moindre virus ou bactérie apportant un semblant de réponse. Est-ce un produit chimique auquel nous nous sommes exposé durant notre air technologique ? Un élément de réponse peut-être. Marie N., enceinte de 7 mois. Le fœtus est mort in utero. Nous avons déclenché l'accouchement 48 heures plus tard. Immédiatement à l'air libre, le mort-né à commencé à montrer des signes de "zombification". Pour pas avant ? Messieurs, comprendrons-nous un jour le tenant de cette malédiction qui frappe notre espèce ? En sommes-nous la cause ? Les zombies marchent sur nous depuis des mois, ne semblent pas s'organiser, mais ne fatiguent pas non plus. Nous espérions au début que cela ne dure que quelques semaines. Aujourd'hui, je crois que cela est un état de fait irréversible.

Au vu des éléments que je viens d'énoncer, j'espère mais très chers amis et collègues, que la situation nécessite toute votre considération. Notez également que je préconise la construction de cabane dans les arbres. En effet, il n'a jamais été fait montre d'un zombie capable de grimper un arbre ou une corde. Enfin, je tiens à vous annoncer moi-même mon décès imminent. En effet, vous le savez, j'étudie dans mon laboratoire quelques spécimens. L'un d'eux est mon propre petit-fils. Erreur sans doute, ma sympathie pour ce garçon à fait que j'ai levé ma garde ce matin en le sortant de son compartiment confiné. Il ne m'a pas mordu, mais une de ses mains s'est libérée de son entrave. Dans la surprise et par réflexe, je l'ai tranché avec la machette qui ne me quitte plus. Malheureusement, un peu de sang coagulé a malencontreusement giclé de ma lame dans mon œil gauche... Et j'ai beau avoir désinfecté comme je l'ai pu, je ne peux que constater depuis cette heure, les symptômes de la transformation imminente (tremblement, vue trouble et depuis quelques secondes un désir violent qui monte en moi). Je vous fais donc mes adieux. Étant profondément un scientifique, je vais m'enfermer dans la cellule 8A restée libre. Je pourrais alors vivre cet état et peut-être en ramener des informations utiles pour vous-même. Je m'en remets à vous quand au sort de mon zombie.

Adieu,
Nicolaï.
--- Eleken,
Une petite touche de délire en ce mardi matin

lundi 10 mars 2008

Le sacre du néant

Il était penché par-dessus le gouffre. Sombre, fatal, morbide. Combien d'homme s'était jeté dans le vide, à cet endroit, avant lui ? Combien ? mille ? dix mille ? cent mille ? Comment le savoir. Verrais-t-il les rangées d'ossements avant de les percuter ? Est-ce là une information importante ? Quelque chose qu'il faut savoir ? "De toute façon, je ne pourrais pas leur dire" pensa-t-il pour clore le débat qui faisait rage dans son esprit. Il s'approcha encore, ses orteils dépassant dans le vide. Le vide... Comme son esprit, il se sentait vide de toute vie, de tout désire. Vivre ? Mais pourquoi voudrait-il encore vivre ? Il n'a jamais réussi à construire une famille, les siens le renient comme un paria... Il est loin de tout et de tous. Et ce gouffre là. Ce gouffre qui porte un nom de mort et de noirceur. Le gouffre de ceux qui vont là où nul ne va. Il y est. Au bord du gouffre. Prêt à faire le saut qui scellera son existence. Il veut mourir. Même si profondément enfui sous la noirceur de sa résignation, il y a encore un maigre espoir qui survit dans le froid et l'obscurité. Il espère, que quelqu'un l'arrête, que quelqu'un vienne l'empêcher de sauter, l'empêcher de mourir. Mais il n'y a personne. Personne. Longtemps qu'il est là, au bord du gouffre. Longtemps qu'il étend ses bras vers l'infini de l'après. Il aimerait qu'une main forte se pose sur son épaule et le tire, mais il n'y a rien. Que verra-t-il dans la mort ? Il espère qu'il ne verra rien. Que c'est là, la vraie fin de sa vie ? Il implore son dieu que cela soit. Il ne veut plus agoniser à nouveau...
Ce don de sa vie, il le fait avec plaisir, avec soulagement. Tout à coup, c'est l'instant. Il est trop tard, le saut et déjà fait. Plus de retour en arrière possible. Plus de possibilité de survie. Plus de passé, plus d'avenir. Seulement cet instant présent, puissant, qui électrise chacun de ses muscles, qui fait exploser dans son âme la quintessence du désire de survie. Ses pieds quittent le sol rocheux. Son corps s'élance dans le vide. La lumière, le sol. Chaque parcelle de ce qu'il voit prendre une nouvelle dimension, chaque détail est plus profond. Il ressent la vie dans chaque être qui peuple le désert. Il ressent leurs esprits. Il les entends. Il tombe... L'obscurité le gagne, la vie le quitte, il l'a laissé aux êtres qui vivent. Il n'est plus que corps, son esprit s'est déjà libéré... La chute s'accélère... Il perd les détails, la lumière disparaît, la sensation de poids, du temps, de l'être... Il tombe mais ne tombe plus, il meurt mais ne meurt plus... Pendant cette seconde extatique, il est tout, il est rien...

--- Eleken,
Un jour comme tant d'autre,
Un jour où il pleut.

mardi 4 mars 2008

J'écris

Écrire... Écrire pour ne pas mourir... Écrire pour ne pas prendre le chemin de cette fenêtre que j'ai ouverte dix fois ce matin... Écrire pour écrire... Écrire pour ne pas penser... Écrire pour essayer de résister... A l'envie folle de me lever... De sauter... De partir... De tout quitter... Écrire... Qu'est-ce que je fais maintenant... Les faits enfin divulgués... La connaissance enfin acquise... J'avais demandé de l'espoir... Il y a des mois... Je crois que le message n'était pas passé... Et maintenant... Et maintenant... Je dois mourir... C'est la dernière chose que je vois... Mon seul échappatoire... Je n'ai plus la force d'affronter chaque jour... Je n'ai plus le courage... De voir chaque soleil... Quand je sais qu'à côté de moi... Il y a de le souffrance... Qu'en moi, il y a de la souffrance... Je suis au supplice ce matin... Je n'ai qu'une envie... C'est de mourir... Alors pour ne pas le faire... J'écris... Pour ne pas subir... J'écris... Pour tenter de résister à la montée de l'obscurité qui envahit chaque once de mon jugement... J'écris... J'écris... Je n'ose arrêter d'écrire... Je ne cesse de m'y résoudre... Mais j'écris... J'écris... J'écris... J'écris... Il faut que j'écrive car à cet instant, celui du point final... J'aurais cessé en ma vie de battre.

--- Eleken,
Au seuil, j'écris

dimanche 2 mars 2008

Le journal d'un fou 4 - La misère de cette existence est la seule chose qui me reste ?

Qu'est-ce que j'ai fait, au final, pour être ici, ici à nouveau, devant cet écran, le goût amer de la souffrance dans la bouche s'écoulant tel le fiel sur mon existence. Absolument rien de mal je le crois... Seulement voilà, il ne suffisait pas que j'y croive. Je suis si las d'écrire des insanités ce matin, si las de devoir encore me justifier, si fatigué de cette vie de souffrance et de tristesse que j'ai conçu et alimenté. Je suis si triste de faire encore du mal, de subir encore le mal, pour des choses passées, et pour d'autres qui n'ont jamais existées.
Toutes cette haine et cette colère qui me frappent comme autant de lances et détruisent le peu que j'avais réussi a reconstruir ces derniers mois. Je ne le méritais pas, non je ne méritais pas cette nouvelle punition, cette nouvelle colère, ce regain de haine contre moi... J'en souffre chaque seconde depuis hier, à nouveau incapable de me focaliser sur l'existence qui m'entoure, à nouveau plongé dans la folie et la détresse. Comme j'ai mal, c'est horrible... Je ne croyais pas, que j'aurais encore mal.... Je savais qu'à un instant, la haine resugirrait, pour m'éloigner, pour m'éliminer. Je me demandais chaque jour sous quelle forme elle reviendrait... Je ne m'attendais pas à ça, pas comme ça, pas avec ça.

C'est immonde de me dire que je ne suis plus libre d'écrire ce que je veux, que tout ce que je dis est contrôlé, disséqué et surtout... Corrompu. Comment vivre dans un monde où je n'ai que le droit de me taire ? Même ici, je suis pris au piège, incapable d'écrire plus avant ma souffrance, ma détresse ou ce que je ressens chaque jour.

Alors si c'est là mon dernier acte d'humanité, avant d'en finir avec mon existence, je vais ici et présentement me rebeller, refuser l'occlusion de mon esprit et me battre pour garder et reprendre la liberté que mes doigts soupir.

Je suis vraiment navré que tu ai pu interpréter quelque chose me concernant d'un manière aussi fausse et corrompue et par la même, je me sens méprisé dans ma propre innocence et honnêteté. J'étais venu ici pour revoir des amis, passer un moment agréable... Tout est détruit et bousillé. Et cela fait naître en moi de la colère et du désespoir. Je ne suis pas un imbécile et un monstre. Je ne sème pas... Bref, à quoi bon parler encore une fois... Je suis ridicule. Je me justifie ? Alors que je n'ai rien à justifier, puisque je n'ai commis aucun crime. Quelle est cette souffrance qui me brûle encore... Je veux plus vivre ça, je ne le peux plus. Comment pourrais-je le vivre encore ? Je n'ai commis aucun crime. Je suis INNOCENT... Mais je n'ai aucun jury pour m'écouter, je suis déjà condamné sans possibilité de rédemption d'une faute... D'une faute ? Mon Dieu... C'est ça une faute ? C'est ça la cause d'une colère et d'une agression si violence ? D'un mépris si grand ?

Je ne dois pas te jeter la pierre. Je m'en rends compte en écrivant ces lignes. Je sais ce que tu ressens. C'est cette même souffrance qui est la mienne. Tu te sens trahie et méprisée... Et en fonction de ça, tu as réagis avec une violence qui demandait à s'exprimer... Ce fut pareil pour moi à la lecture du résultat de cette violence et je suis tenté de supprimer à nouveau tout ce qui précède... Mais j'ai besoin de le dire, de te le dire... Je ne t'ai jamais méprisé ou agit dans le but d'apporter, de t'apporter, de la souffrance et de la peine... Seulement la vie est ainsi faite qu'elle ne ressemble pas du tout à celle que je souhaitais... C'est triste, ce résultat, cette existence... Je vais m'en aller, beaucoup plus vite que prévus je pense maintenant... Car je ne pourrais pas affronter tout ça encore une fois... Je ne sais simplement pas comment je vais m'en aller... En train ou sous forme de cendre. Désolé, je me tais... Je ne fait qu'apporter plus de souffrance... Je me tais, je ne veux plus faire de mal.

--- Eleken,
Qui raconte des choses horribles aujourd'hui car il a le coeur et l'âme corrompu par la douleur,
Et qui n'auras de toute façon plus d'internet dans quelques minutes

samedi 23 février 2008

Infernal

Le feu, le bois brûle dans l'âtre, écoulant dans la pièce cette chaleur suffocante qui me prend la gorge. Qu'est-ce que je fais là, me suis-je demandais encore une fois ? Qu'est-ce que je suis venu chercher ici ? Il n'y a rien ici. Une moquette épaisse, d'un vert émeraude recouvre le sol. Des tentures descendent le long des murs à l'unisson des rideaux qui me masquent les fenêtres. Ils avaient dit que l'enfer n'était pas chaud. Alors pourquoi suis-je ici ? La peau irisée de souffrance, scarifiée d'horreur... Le meurtre... Voilà ce qui m’a conduit ici. Sa peau était devenue écarlate, cramoisie, presque noire, pendant que je cherchais vainement à relâcher mes doigts de son cou, pendant qu'elle cherchait désespérément à reprendre sa respiration. Pourquoi lutter ? Contre la pulsion ? Contre la haine ? Contre la mort ? Alors même que sa trachée venait de ceder sous la puissance de mes mains... Alors même que mon esprit disséquait mon acte avec la froideur d'un légiste... Ce regard mort... Ce regard éteint... Cette pièce... Elle est grande, peut-être quarante mètres carrés... Mais il n'y a aucune sortie... Chaque fois que j'essaye de balayer un rideau, va vue s'obscurcit et je m'en éloigne sans comprendre... Il y a une porte, mais la poignée n'offre aucune prise... Des sorties, des moyens de m'échapper de cet enfer... J'en suis entouré... Mais aucune n'est vrai... La seule chose qui soit vrai, c'est le feu... Ce feu que je respire, ce feu qui respire... Qui consume ma peau... Qui fait roussir mon corps... Combien de temps ? Depuis combien de temps suis-je dans cette pièce... Un été... Un printemps... Plus d'hiver... Un siècle... Mille... Je sais... Je ne sais pas... Ceci est ma prison... C'est là qu'est mon enfer... Cette pièce entre les murs de mon esprit, avec pour seule compagnie moi-même... Moi... Moi... Mon enfer... Ma prison... J'ai cessé de hurler il y a longtemps... J'ai oublié depuis combien de temps... Ici... Il n'y a ni jour, ni nuit... Seulement le crépitement du feu, la chaleur suffocante qui m'empêche de dormir... Et la peur comme seule amante... La peur que cela ne finisse jamais, que je sois vraiment condamné à l'enfer éternel...
Je redresse soudainement la tête... La poignée de la porte est en train de tourner... Je me précipite... Non ! Je retire tout ce que je viens de penser... Je ne veux pas savoir ce qu'il y a hors de cette pièce... Depuis trop longtemps je suis enfermé ici... Je ne veux pas... Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS !!! Mais irrémédiablement, sans qu'aucune force dont je dispose ne soit suffisante, le pommeau de la porte tourne entre mes doigts nimbés de sueur...
Et la porte s'ouvre... Et je hurle... Je hurle... Je hurle...



--- Eleken,
Un petit bout de texte pour passer le temps même si je suis vraiment dèche d’inspiration depuis quelques semaines (cerveau en congés ski probablement :op)
Et puis, moi j'aime pas les experts à Miami, sont moins bon que les autres,
Bordel pour une fois que je fais une soirée télé... Ben que de la merde et rien au ciné du coin (parce que les cinémas à Versailles, ça pu)
bon et ce texte sur les chats qu'a (à peine) avanvé, il devrait être finit dans les temps :o)

mardi 12 février 2008

Extrait 2 - Le massacre d'Albert Croyant

Cette histoire, nous nous la racontions en chuchotant, cacher dans l’angle de la cour d’école, pour que le maître ne nous voit pas. Nous étions un petit groupe d’enfant, pas vraiment des amis, mais nous venions tous du même village. Nous nous racontions l’histoire pour nous faire peur, mais je crois au fond de moi, qu’aucun de nous n’y croyais réellement. C’était une sorte de fantasme enfantin, un défit que d’en parler, que de l’approcher. Il ne se passait pas une récréation sans que nous ne nous lancions le défit, « cette nuit, j’irais à l’intérieur, demain je vous raconte ». Et le lendemain, celui ou celle qui avait eu le malheur d’en parler revenait vers nous, n’en parlait pas, n’aborder pas le sujet, jusqu’à ce que l’un ou l’autre de nous finisse par rompre le silence. « Alors tu y es allé ? raconte ». Et là, n’importe quelle excuse faisait office de réponse acceptable « non tu comprends, mon père hier m’a obligé à couper du bois avec lui toute la nuit » ou bien « j’y suis allé, mais juste avant que j’y rentre, le veux flic m’a vu et il m’a relâché que ce matin ». Toutes ces excuses, toutes invraisemblables, devant lesquelles nous hochions gravement la têtes car elles étaient toutes plus tangible que l’histoire d’Hervé. « Moi j’y suis allé cette nuit, j’ai été poursuivit par le zombie de Croyant en personne. Même qu’à un moment il m’a chopé l’épaule avec ses ongles griffus. » Et là de nous montrer une égratignure qu’il avait sur l’épaule en nous jurant que c’était la marque de Croyant. Hervé, le petit Hervé, gentil, mais menteur jusqu’au bout des ongles. Hervé, que nous avions charrié quelques années plus tard en lui rappelant cette histoire, en lui disant qu’on ne le croyait pas et qu’on savait bien que c’était un « mytho » et que s’il voulait vraiment prouver qu’il était pas une « tapette », fallait nous ramener un truc de la cave à Croyant. Excusez-moi si le vocabulaire que j’emploie ici, est un peu familier, mais je retranscris l’histoire telle que je me la rappelle. Et en ce temps où j’étais un enfant, il s’agissait de termes usuels et normaux pour des enfants. Hervé donc, qui disparût la semaine suivante… Chaque jour, il nous disait « j’vais y aller les mecs, c’te nuit ». Chaque jour on lui répondait « ouais bien sûr, on se retrouve devant la porte, pas de ‘blême ». Hervé qu’on a jamais retrouvé. Nous, on a pas tout de suite pensé à la baraque de vieux Croyant quand le lendemain Hervé était pas dans le car. On a pensé qu’il était malade, mais aucun de nous ne l’a ouverte avant la récrée. C’était une sorte d’accord tacite, Hervé était malade, on en a parlé vite fait et personne n’a parlé de l’éventualité qu’il soit allé dans la maison des Chats. Le soir venu, j’ai joué et j’ai plus pensé à Hervé, même si ma mère avait l’air préoccupé. « Non, ce soir tu as des devoirs, tu ne vas pas jouer dehors ». Le lendemain, ma mère m’a accompagné jusqu’au car. C’était la première fois depuis longtemps. J’avais un peu honte qu’elle m’accompagne comme ça, comme si j’étais un petit. J’avançais la tête basse quand j’ai vu les autres, avec leurs parents aussi pour la plupart. Tous avaient l’air inquiets. Ils ne voulaient pas parler, mais une fois dans le bus, on a tous su. On savait déjà tous quelques part de toute façon, mais nos peurs furent confirmées. Hervé avait disparu. Sa mère l’avait bordé et, le matin d’hier, il n’était plus dans son lit. Et depuis hier, la nouvelle s’était répandue dans la vallée comme une traînée de poudre. Un gamin avait été enlevé. Ce gamin, c’était mon voisin, normal que ma mère n’est pas voulu me lâcher d’une semelle depuis que j’étais revenu de l’école la veille. Nous, ce jour là, on a rien dit avec les autres, mais on pensait tous la même chose je crois. On pensait que c’était notre faute. Qu’Hervé, il avait voulu nous prouver qu’il n’était pas une « tapette », qu’il était parti dans la nuit pour la maison de Croyant… Et qu’il n’en était pas revenu. Mais comme un pacte intime, de ceux qui lient sans le dire des enfants de notre age, nous n’avons rien dit à nos parents… Jamais. Et Hervé n’est jamais reparu. On a jamais retrouvé son corps, il n’est jamais revenu. Des années plus tard, après que sa mère soit partie pour quelque endroit, fuir le souvenir de son fils, son père s’est tué en voiture en tombant dans le ravin. Il était devenu alcoolique après la disparition d’Hervé. Il n’attendait que ça, la mort ou le retour d’Hervé, même si pour cette deuxième hypothèse, il n’avait aucun espoir. Et cette histoire m’a hanté des années durant. Comment l’oublier ? Je passais près de cette maison chaque jour. Je faisais comme tout le monde, je faisais semblant de ne pas la voir. Et puis j’ai grandi, de l’école primaire je suis allé au collège puis au lycée. L’histoire était lointaine, un vieux souvenir d’enfance, une vieille crainte dont j’ai petit à petit perdu la netteté. Petit à petit, avec lui, j’ai perdu de vue tous ceux avec qui j’avais partagé ce secret. Les uns étaient partis, avaient déménagé, et les autres, comme eux entre eux, je ne leur parlais simplement plus. J’étais devenu très taciturne et solitaire après cette histoire sans m’en rendre compte. Les années ont depuis creusé mes traits, appuyé mes paupières. Il faut dire que cela fait bien dix ans que je n’ai pas dormi d’un sommeil profond. Car où que j’aille, voilà des années que dans mon sommeil, j’entends leurs miaulements et leurs griffes qui grattent le bois de ma porte.
Après le lycée, avec le bac, je suis partis à une centaine de kilomètre de la maison, pour faire mes études d’informatique. Je revenais environ un week-end sur trois. Quand je n’étais pas au village, je m’amusais, je profitais de l’existence, de mes nouveaux amis, des drogues, des fêtes, des femmes que je rencontrais. J’existais et je ne pensais à rien d’autre. Mais quand je rentrais à la maison, c’était toujours avec une crainte que je n’osais pas cerner. Comme si mon esprit bloquait de lui-même l’information qui lui faisait peur. Quand j’étais à la maison, je ne sortais pratiquement pas et surtout pas la nuit tombée. Ma mère s’en étonnée mais elle a toujours accepté mon excuse consistant à dire, et ce n’était pas faux, que je n’avais rien de mieux à faire en week-end que de me reposer et lire. Et puis il y a eu une nuit, différente des précédentes. Ma mère avait recueilli une chatte errante sept ans auparavant. À l’époque c’était encore une petite boule de poils tout juste sevrée et ma mère n’avait pas résisté à cette petite peluche grise tigrée. En seulement quelques minutes elle avait élu domicile dans notre cuisine où la « petite grise » et devenue rapidement notre touigi. C’est étrange comme un gamin qui ne fréquente plus aucun camarade depuis des années peut voir surgir en un animal une compagnie providentielle. Ainsi, cette chatte, je me suis mise à l’aimer et apprécier ça compagnie et quand j’ai quitté la maison pour suivre mon cursus, m’en séparer fut presque plus dur que de me séparer de ma mère. C’était pour ma mère que je revenais à la maison, vérifier qu’elle allait bien, qu’elle ne souffrait pas trop de la solitude. Mais c’est sans doute grâce à cette chatte que j’ai maintenu un rythme de visite fréquent. Touigi, Touigi qui venait se lover entre mes genoux quand je lisais dans mon lit sous le faible halo de lumière. Cette chatte, qui un soir, une nuit, gratta à la porte de manière furieuse. Cette chatte que j’ai poursuivi dans la nuit… Cette chatte que j’ai essayé d’empêcher de rentrer… Dans la vieille maison de Croyant…

--- Eleken,
Allez hop, un 2ème petit extrait de ma nouvelle pour la 4ème antho chez lulu :o),
Bon je dois aussi faire la couv' c'est vrai. Demain, à la même heure j'aurais terminé mon partiel (ouf) j'espère que ce sera bien passer... J'aurais du temps pour écrire la suite on dirait

dimanche 20 janvier 2008

Nuits épisode 5

L’homme regardait la glace sans voir son reflet. Il se demandait, pourquoi il avait fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ce jour-là, devant son miroir, il n’avait plus supporté d’y voir son image. Pourquoi est-ce qu’il avait pris cette lame, pourquoi ? Il se rappelle bien la haine qui l’habitait, la colère qui pulsait dans ses veines. Pourquoi ? Il ne supportait plus, il ne vivait plus, il ne pensait plus. La vie lui était devenue intolérable, infâme, inénarrable. Il lui fallait sortir de là, quitter cet état, supprimer sa souffrance. Alors ce jour-là, devant son miroir où il ne voyait plus son reflet, il a pris la lame à sa droite, et lentement, s’est entaillé le poignet gauche, tremblant sous la douleur, tremblant sous la souffrance, tremblant sous les larmes. Puis, il avait marché jusqu’au sofa, répandant son sang sur le sol du salon, imbibant la pièce de cette odeur cuivrée qui caractérise si bien notre sang. Il s’était effondré là, assis… Attendant… Réfléchissant… Et ce sang qui coulait, ce sang qui roulait sur son bras… À l’extérieur, elle tombe, la nuit, venue ce soir, le prendre. L’homme ne bougeait plus, ses yeux pâles fixant son sang qui s’écoulait, à mesure que son espoir s’étiolait. Il s’endormit… Pour toujours.
Si j’avais survécu… Si j’étais vivante, si le temps coule encore dans mes veines… Le noir, l’obscurité, le néant, nulle part m’entourent de leurs volutes insondables. Mais moi, mais je, mais toi, mais vous, mais qui ? Je ! Un bruissement, un froid, un vent, un choc. Je sens la pierre entailler mes côtes. Je roule sur mes côtes. Je roule sur le lit de la rivière. Ma tête émerge de l’obscurité, explose de douleur au contact de l’air gelé de l’hiver, sortant de l’eau glaciale de la nuit… Elle tangue, cherche l’air, respire… S’échoue… Je respire… Je vis. Mes doigts s’enfoncent dans la terre meuble de la berge. Aveugle, à bout de force, je traîne mon corps impuissant, je l’entraîne hors de cette eau glaciale qui dévore encore mes jambes. Je suffoque, j’essaye de respirer, mais je suis trop faible. Ma poitrine est écrasée par le poids de mon propre corps… J’ai du mal… À respirer… À nouveau, je sombre, pas dans le courant glacial de cette rivière, mais dans le courant invincible de l’épuisement… J’essaye sans y arriver à bouger encore mes bras, mes jambes… Je n’y arrive pas… Mon corps est à nouveau lointain… Il n’est plus à moi… Je m’enfonce… Je m’enfonce… Dans la nuit.
Et puis, l’obscurité saisit l’homme. Il y glissa, de plus en plus vite, sans pouvoir s’accrocher encore à la vie… Tendrement, il sombra dans l’éternité, dans le néant, dans le noir, dans l’inconscience, dans la paix… Puis ce fut le flash, la lumière brûlante, l’explosion de douleur, les vapeurs soufrées lui suffoquèrent les poumons, les cris des suppliciés, les flammes de l’enfer qui léchèrent sont corps… Il refusa d’ouvrir les yeux, non il ne le voulu pas, il ne devait pas…. À travers ses paupières closent, il sentit la multitude, les mains qui griffèrent son corps, qui lacérèrent sa peau. Il ne pouvait pas bouger, il ne pouvait pas s’enfuir… Il garda les paupières aussi serrées qu’il le put, il n’osa affronter l’enfer du dehors, les grognements et râle monstrueux qui l’entouraient le terrifiaient. Plus encore, quand le silence se fit, plus encore quand la voix caverneuse de leur chef s’éleva dans l’espace, remplissant le temps et l’espace, les remplissant d’un timbre sans compassion, sans humanité… « Je crois qu’il est sauvé ».
L’homme émergea, à bout de souffle, de la forêt. La rivière est là, là où il espérait la trouver. Il parcourt des yeux son lit sinueux. Il la cherche. Il sait, qu’elle est quelque part par là, ici, elle doit y être, il ne peut en être autrement. Il doit la sauver des autres, c’est sa mission, il le sait. Du jour où il s’est réveillé, du jour où tout pour lui à changer, où les cauchemars ont commencé, il savait… Il savait que ce soir, il serait là, la cherchant, pour la sauver. Il regarda le ciel, il avait déjà commencé à pâlir, il avait déjà commencé à chasser les étoiles… Le temps était trop précieux, il avait perdu trop de temps à trouver son chemin dans la forêt dense. Il devait la ramener, la protéger du soleil, la sauver… Avant cela, il devait la trouver. Il remonta le cours d’eau. Et s’il s’était trompé, et s’il avait fallu descendre… Non, il ne devait pas penser à cela. Il devait… Il la trouva. Allonger dans la boue, les jambes encore dans l’eau, son flanc déchiqueté, saignant encore un peu. Vivait-elle encore ? Il n’avait pas le temps de ses poser la question, ce n’était pas le moment de se la poser… Il devait la sauver, la ramener, elle était vivante. Il passa les bras sous son corps et la souleva. Elle lui parut incroyablement légère et frêle. Il ramena sa tête contre son torse… La regarda… Parcourut son corps de son regard pâle… Visage d’ange aux couleurs bleutées du froid. Il devait se hâter. Elle était à peine vivante… Il devait la sauver… Aussi vite qu’il le pu, luttant contre le temps, contre le soleil et la fatigue, la douleur qui ankylosait ses bras, il se mit à courir… Il devait la sauver… C’était sa mission…

--- Eleken,
Un épisode qui aura mis le temps de venir, mais un épisode qui aura été précédé de la réflexion, du temps de définir avec exactitude le plan de ce récit... Et donc, des épisodes futurs plus simple à écrire ;o). Maintenant je crois que je vais sortir, je n'ai pas encore mis un pieds dehors.

Comme ça fait longtemps, voici les liens vers les épisodes précédant pour ceux et celles qui prendrait en cours de route :
- épisode 1
- épisode 2
- épisode 3
- épisode 4

Je ne donne pas de titre à ce que je ne publierais probablement pas...

Je ne sais pas quoi écrire, mais je sais que j'en ai besoin... Plus besoin que tout en fait. Écrire, dans ce lieu, sur cette page... Le seul endroit où je sois encore libre... Le seul endroit, où je peux me retourner, seul sur moi-même, explorant mon âme, disséquant mon existence. Acte puérile et égocentrique... Mais j'ai besoin d'écrire. Ce soir, oui ce soir. J'ai mal. La plaie, trop fraîche, trop récente, trop ancrée en moi... Comment ? Pourquoi ? Je me l'interdit. Pas même une pensée... Je dois aller de l'avant, survivre à ma folie... Laisser les êtres à leur existence. Arrêter de bouleverser leur monde. Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je fait... Je me tue, chaque seconde de vivre... Rien, personne, nul, abominable... Qui suis-je parmi la masse... A peu près ça... Trois petits points d'une vie qui m'essouffle. Oh, pourquoi de si grand mots ? Bah... J'aime me plaindre, l'hyperbole, la parabole... Le message, ce message même que je m'interdis de fournir, de faire parvenir... Tout ça m'a fait trop de mal, m'a trop détruit, ma trop massacré... Je ne sais même pas encore, aujourd'hui, si demain, ne sera pas le dernier de mon existence. Chaque jour, je me regarde dans le miroir, et je pleure de colère devant ce reflet insipide... Chaque jour, j'ai envie de griffé mon visage... Lacérer mes pensées... Pour aller de l'avant.... Pour aller de l'oubli... Pour, peut-être, vivre... Je ne peux plus vivre la situation qui était... Personne ne peux la vivre, et je ne suis pas au-dessus de personne... Je me croyais à nouveau fort, maître de mes pensées, maître de mon temps, maître de mes actes... Ils semblent que ces larmes que j'ai versé, qui se sont taries à mesure que j'écrivais, montre le contraire... Convalescent... Ou mourant ? Le temps rôde, mon esprit s'érode, comme la pierre sous les intempéries... Je vais employer un mot, une phrase, simple et direct : "J'ai envie de crever", tout simplement parce que la mort est plus simple à affronter qu'un regard, le néant est plus simple à goûter d'un murmure... Je n'écris pas ça pour faire peur... Mais me soulager de la douleur, cette douleur, qui inlassablement me noie depuis des semaines, des mois. J'en ai besoin. Je ne veux pas faire le mal, il y a là beaucoup de phrases exagérées, romancées, amplifiées, mensongères... Je ne peux plus... Affronter. Ce soir, j'ai perdu toute ma belle ambition à construire... Je n'ai que l'envie de détruire... Faire mal... Me faire... Non, je n'en ferais pas... Je vais aller me coucher, dormir... Essayer... Ne pas rêver... Ne pas cauchemarder... Ne pas mourir... Ne pas vivre... Laisser le temps s'écouler, sans arrêter de respirer... Et espérer que demain... Que demain, Dieu aura touché ma vie du bout des doigts, pour m'aider à m'en sortir... Car je ne vois pas comment, par moi-même, j'arriverai à trouver une solution. Voilà, j'ai dit, sans penser, j'ai parler, sans dire... Tout mot dit est une erreur. Toutes phrases est interdites... C'est mon destin, avancer dans la douleur. J'hésite à publier ces mots... Ils sont horribles, méchants, détruits... Ils coulent de mes doigts comme le sang de mon âme... Je ne crois pas en l'avenir... Ni en le présent... Ni en le passé... Ni en l'Homme.... Ni en Dieu... Mais je vais publier ces mots... Ne serais-ce que pour dire que je suis vivant et que non, ce soir encore, je ne répandrais pas mon sang sur le sol. Trop lâche pour abandonner la vie ou trop courageux pour abandonner face à la vie ?
J'en sais rien... Je ne sais rien... Je n'ai jamais rien su... Et je sais, que je ne saurais jamais...

--- Eleken,
Qui n'a pas pu retenir ses doigts, alors même qu'il s'était juré, de ne jamais réécrit de mal-être en ces lieux de créations... La nuit porte conseil dit-on, j'espère que celle-là me laissera dans le noir absolu le plus longtemps possible... Ce noir où il n'est nulle pensée.
Bonne nuit quand même...

mardi 8 janvier 2008

Extrait du Lac Rouge - Pour montrer que quand même je bosse :oP

À cet instant, le téléphone sonne. Aude décroche, c’est le Docteur Haloyek, chirurgien du petit hôpital de la ville, qui a pratiqué l’autopsie. Il m’appelle comme convenu pour me faire partager les résultats préliminaires pour l’enquête ouverte. Aude le remercie de l’appeler, puis le docteur commence à parler. Il semble stressé.
"Écoutez, j’ai terminé l’autopsie préliminaire et même si je n’ai pas encore les retours sur la toxicologie, j’ai déjà pu mettre en lumière certaines incohérences évidentes. Tout d’abord, les blessures multiples qui recouvrent le corps, les membres arrachés. Il n’y a pas la moindre trace de coup dû à un objet. C’est comme si pour lui sectionner la jambe, l’agresseur avait simplement tordu le membre et l’avait arraché. Il n’y a pas d’autre blessure, pas le moindre coup de couteau ou impact de balle…
- Il est mort de cela ? demande Aude.
- Non, ce n’est pas la cause de la mort. Ça au moins, ce fut assez simple à découvrir, son sang est cyanosé, il est mort par étouffement.
- Son agresseur l’a étranglé avant de le réduire en morceaux ? ça explique pourquoi les voisins n’ont pas signalé le moindre hurlement hier soir à l’heure de l’agression…
- Non, il n’a pas été étranglé, j’ai relevé de grande quantité d’eau dans ses poumons. Cet homme est mort noyé. Et c’est précisément de cela dont je voulais vous parler.
Aude acquiesce au téléphone et lui demande de continuer.
- Et bien, voyez-vous, j’ai étudié quelques secondes au microscope l’eau relevée dans les poumons. Je m’attendais à y trouver des traces de savon et de chlore… L’eau du lavabo dans lequel il était en somme. Mais ce n’est pas du tout ce que j’y ai trouvé. Cette eau est chargée de micro-organismes, d’algues et d’impuretés.
- Ce qui veut dire ?
- Que ce n’est pas de l’eau du robinet…
- Et ce serait de l’eau d’où ?
- Je pense, mais les analyses nous le diront si je me trompe, qu’il faut aller chercher sa provenance à proximité de la maison, vous comprenez ce que je veux dire.
- Je comprends oui", répondit Aude, soudain rêveuse… Vous voulez parler du Lac.


--- Eleken,
Voilà un petit morceau parce que je n'ai pas beaucoup écrit sur le Blog ces derniers jours. Comme vous voyez, c'est un passage de transition sans grand intérêt :op... Mais bon, c'est aussi pour dire que c'est bientôt terminé ^^

dimanche 30 décembre 2007

Es-tu vivante ?

Parce que je n'ai pas de réponse,
Parce que je l'ignore,
Parce que la dernière fois que je t'ai vu,
J'ai exprimé des craintes sur ta santé,
Parce que tu n'as pas répondu,
Parce que tu n'as pas rappelé,
Parce que... J'aimerais le savoir.

Curiosité mal placée, ou réelle nécessité, quelle importance quand les heures, les secondes, les semaines, les jours, passent sans une trace... Voilà, tout est dit. C'est bête, c'est pas méchant... C'est la parole d'un ami inquiet qui depuis de nombreux jours s'interdit toute question mais qui finalement se laisse à la poser... Es-tu encore vivante ? Tout simplement... Parce que... Pour que... Pour un ami.

--- Eleken,
Bon, c'est pas tout ça, mais
mes amis j'aime bien les savoir en vie et en bonne santé

jeudi 27 décembre 2007

Au bord de la plume

Le temps d’écrire. A la lueur d’une bougie, je n’en ai plus le temps. Ma plume vole sur mes mots, embellie mes phrases telle une chanson, mais sans temps et sans grammaire, mes mots sont de misère. J’aurais le temps, si ce n’est le passé, je trouverais les mots si ce n’était l’avenir, mais sans présent, pas de souvenir. Noël est passée, et avec elle, le temps d’oublier. La flamme danse sur les murs, l’obscurité abat l’arbre à prune et dans le ciel, loin, trop loin, me regarde la lune. Dans le ciel, loin, trop loin, m’attendent les étoiles. La vie a un but, la mort aussi, alors pourquoi regarder quand j’aurais pu… Écrire… Mourir ? Danser ? Peindre ? Chanter ? Geindre ? Non, je préfère me taire car, ce soir, ma plume, à l’oreille me chuchote, que le temps est quelqu’un de peureux, et que dans le silence, peut-être il reviendra…

--- Eleken,
Vous est-il déjà arrivé d'avoir le syndrome de la page blanche ? C'est effrayant, mais depuis 10 jours, je ne trouve rien à écrire, rien à dire. Je me mets devant mon PC, plein d'ambition de faire couler mes mots... Mais rien ne me vient, c'est le drame... Bah, je suis en vacance... Le temps reviendra bien d'écrire ;o)

vendredi 21 décembre 2007

A pieds...

Trois semaines que je la fixais, sans presque plus ciller. Elle était si parfaite, si présente, si proche… Si loin. Trois semaines que je marchais vers elle, sans jamais m’arrêter. La faim, depuis longtemps, avait reculé devant la soif… La soif dévorait mes entrailles, brûler ma poitrine et aveuglait mes yeux. Trois semaines, sans me retourner… Quand je tombais, à bout de force, je restais là, sans bouger, et je m’endormais à même le sol. Quand je me réveillais, quand je me relevais, je me remettais à marcher… Encore et encore.

Mais toujours aussi loin…

Était l’horizon.

--- Eleken,
J'ai vraiment peu d'inspiration cette semaine,
Mais bon je me force un peu pour pas perdre la main,
En espérant que les vacances me seront profitables.
Going to cinéma :op, c'est pas tout ça,
mais je veux vérifier par moi-même la
qualité de "je suis une légende" ^^

lundi 10 décembre 2007

Les autres

Je suis seul.
Ils ne me voient pas…
Enfin, je crois… Ils ne me voient pas, ne m’entendent… Non, c’est pire. Ils m’évitent et ne m’écoutent pas. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Je sais maintenant qu’ils me voient. J’ai pu en faire l’expérience. En fait, c’est très simple. Je suis allé au milieu du trottoir et j’ai cherché à croiser leur chemin. Tous, sans exception, m’ont évité, sans un regard, avec le minimum de changement dans leur trajectoire. Je suis comme un aimant de même pôle, je repousse les autres en douleur, tout contact semble impossible. De la même manière, je sais qu’ils m’entendent. Quand je parle, ils n’ont aucune réaction, ils ne tressaillent pas une seconde comme quelqu’un qui m’aurait entendu mais ne voudrait pas me répondre. Non, ici, ils m’entendent mais m’oublis avant même d’avoir intégré l’idée que je parle ou que j’existe. Cela doit-être ça. Ils ne me perçoivent plus. Pour m’en convaincre, j’ai hurlé dans l’oreille d’une jeune femme… Elle n’a pas fait un mouvement… Par contre, elle s’est ensuite pressée l’oreille, se plaignant d’une légère douleur à son amie. Ainsi, j’avais quand même physiquement prise sur eux. J’ai marché, vivement sur le trottoir, ne me souciant pas de ceux qui m’entouraient et s’écartaient naturellement de mon chemin, puis j’ai vu cet homme. Complet veston, chapeau de feutre, mallette à la main. J’ai couru sur lui et je l’ai poussé de toutes mes forces. Il s’en fallu de peu qu’il m’esquive, mais il fut quand même déséquilibré et tomba. Sa mallette produit un son mat en frappant le sol, les regards se tournèrent vers lui… Mais pas vers moi… L’homme se releva, visiblement gêné… Il pensait sans doute s’être pris les pieds dans une saillie de dalle et avoir chuté bêtement, se ridiculisant devant des inconnus. Il n’a gardé aucune trace de moi. Pas plus de mes cris, ni du second croc-en-jambe que je lui ai fait lorsqu’il acheva de s’être relevé et qu’il rechuta tout aussi lourdement. Là, un jeune garçon et venu lui apporter son aide pour se relever… J’ai préféré partir… Il était évidant que tous mes efforts étaient inutiles.
Quand cela avait-il commencé ? Ce matin, je m’étais levé normalement… Mais j’habite seul, alors difficile de juger… Dans la rue, je ne connais personne… En tout cas, je n’ai croisé personne de ma connaissance. Et, c’est bien normal, personne ne m’a foncé dessus ou ne m’a adressé la parole. Au bus, il y avait plusieurs personnes à l’arrêt, je suis montée en même temps qu’elles… Comment savoir, si à cet instant j’étais encore « perçu ». Même le premier indice flagrant de mon état ne m’a pas sauté au visage… Je me suis arrêté à un kiosque à journaux où j’ai pris dans les rayons le dernier exemplaire de mon quotidien, je l’ai posé sur le comptoir et j’ai cherché dans mon porte-monnaie la monnaie pour payer. Je n’avais qu’un billet de cinq, que j’ai alors sorti, et relevant les yeux, j’ai pu voir le regard éberlué du vendeur qui regardé mon journal comme s’il n’avait jamais vu un journal de sa vie. J’ai agité un peu le billet dans ma main, pour tenter de capter son attention, mais il n’a pas cillé… Il a alors secoué la tête et soufflant, passant à autre chose semble-t-il, je le suivi du regard quand je le vis reprendre mon journal et le remettre ne rayon. J’ai eu beau protesté, lui arguant que ce journal était le mien, il ne m’accorda même pas un regard. Je repris le journal et le reposé sur le comptoir, quand enfin, l’homme parla… A un homme qui venait de se glisser sur ma droite et qui achetait lui aussi un journal. L’homme tendit son argent, le vendeur plaisanta avec lui, lui rendit sa monnaie, l’homme s’en alla… Tout cela devant mes yeux éberlué par cette scène. Rouge de rage, je balayais le comptoir de la main, envoyant volet les feuilles du quotidien par terre, ce qui attira l’attention du vendeur qui grogna d’incompréhension tandis que je partais avec mon humeur.
Ce n’est qu’une fois au travail, que j’ai compris qu’il se passait quelque chose d’horrible. Quand mon patron pénétra dans mon bureau et demanda à mon collègue où j’étais. Et pourtant, je lui avais bien dit « bonjour »… Mais m’avait-il répondu ? Et la veille ? Je n’avais pas parlé à qui que ce soit la veille aussi… J’étais peut-être déjà soumis à ce sortilège affreux. Car oui, il ne pouvait s’agir que de magie noire et conspiration du gouvernement contre moi. En effet, je n’avais jamais entendu parler d’une maladie où l’on perdait cette capacité d’être perçu… Mais quel idiot je suis, bien sûr que l’on en jamais entendu parler, puisque que ceux qui l’on subit n’ont jamais plus pu communiquer avec les autres. Je me croyais seul, aujourd’hui, je sais ce que c’est de l’être. J’ai essayé d’appeler ma mère au téléphone… Peine perdue, elle a répondu, mais ne m’entendait pas quand je parlais. J’ai essayé d’écrire sur une feuille, d’agiter des objets sous les yeux des autres, mais c’est à croire que tout ce que j’ai pu faire n’a plus d’existence. Comme si ce que je faisais de mes mains héritait de la même malédiction que moi.

Huit mois plus tard.

Huit mois… Je compte les jours maintenant… Huit mois que je suis seul… Deux cent quarante huit jours maintenant… Je me suis habitué à vivre seul… Pas à être seul… Je ne me lave plus, ne change plus de vêtements. Je suis sale, je pu, mais qui s’en soucis ? Personne. Je continu d’habiter mon petit appartement. Mes loyers impayés s’accumulent, mon patron à engagé un nouvel employé puisqu’il ne me voyait plus venir au travail et que je ne répondais plus au téléphone. De toute façon, il ne m’entendait pas. Je vis de larcin. Je vole dans les magasins de la nourriture et des vêtements. Je vis même plutôt bien… Tout ce que je touche devient invisible aux yeux des autres. Il m’a donc était très facile de rentrer dans des magasins et de repartir avec tout ce donc j’avais besoin. Mais ce n’est pas ce qui est dur à vivre… Le plus dur…

Huit ans plus tard

C’est d’être seul. Toujours seul. Ma famille me croit mort, mon appartement a été reloué, mes biens vendu aux enchères. Le plus dur, c’est de voir comment ce que je croyais connaître m’ont vite oublié. Ma mère a enlevé petit à petit toute les photos de moi. Après avoir vécu quelques semaines au milieu de cette famille d’immigrés qui avait reloué mon appartement, je n’ai plus supporté que me soit rappelé chaque instant mon état. Alors je suis reparti dans le sud, dans la maison familiale. Mais ce fut pire. Voir mes parents bouleversés par ma disparition… Puis pire encore… Petit à petit, je les ai vus m’oublier. Alors je suis parti… J’ai voyagé un peu. Dans des lieux inconnus, pour ne voir, toujours, que la misère et la haine derrière les façades commerciales que l’on présente aux touristes. Partout, le même désespoir, la même triste, la même douleur… Mais aussi, partout, la famille, les amis, les autres, leur soutient… Et moi, je suis seul… Alors je suis revenu ici. Je m’amuse à tromper la mort, traverser tranquillement l’autoroute. Voir ces autres qui ne me voient pas, ralentir, m’éviter de peu, parfois faire un tête-à-queue, sortir de route… Mourir.
Je me hisse de plus en plus souvent sur le toit d’une haute tour, et j’écris. Mon histoire. Peut-être que quand je serais mort, ce que j’ai fait pourra être lu… Quand j’aurais terminé ces pages, je me lèverais. Je sauterais. Les autres verront t-il mon corps quand je mourrais, ou bien piétineront-ils mes restes pourrissant pendant des mois ?
A cet instant une main se pose sur mon épaule. Je hurle de peur en me retournant, en tombant au sol de ma chaise, renversant mes dernières feuilles. Une femme se tient face à moi… Elle me regarde. Elle me parle… Elle me dit « Toi aussi… ». Je me lève, les lèvres tremblantes. Je m’approche d’elle.
Je la serre dans mes bras.
Je pleure.
Je ne suis plus seul.

--- Eleken,
La nouvelle du lundi,
Ecrite ce midi vite fait.

dimanche 9 décembre 2007

Mes dernières minutes

Je me nomme Émilie. Pourquoi commencer ainsi ? Pourquoi donner mon nom ? Bonne question. Excellente, même. Néanmoins sans intérêt. J’ai commencé, c’est tout. Et j’ai commencé par la dernière chose qui m’appartient. Mon nom. Le temps déchire ma conscience dans le tourment. J’ai tant de choses à dire et si peu de temps pour le faire. Je ne vais plus me le cacher, je vais mourir. Pourquoi ? Qui s’en soucie ? Moi ! Mais qui d’autre ? Il n’y aura personne de ma famille pour assister à mon exécution. Juste mes accusateurs et mon bourreau. Aujourd’hui, la vraie question n’est pas de savoir si je vais mourir, non, la vraie question est de savoir si je vais souffrir ou pas. Le bourreau sera-t-il compatissant avec moi ou non.

Ici, ça parle. Même isolée comme je le suis, j’ai des échos. Parfois, d’autres prisonnières qui, dans un murmure en me croisant, me glissent une menace ou des encouragements. L’une me souhaite de crever en hurlant, l’autre me dit que le bourreau sera compatissant et m’assommera avant de me faire monter sur le bûcher. Mais la plupart du temps, c’est le silence qui me sert de compagnon. Mon garde ne parle pas, ne me regarde pas, même lorsqu’il m’amène à manger… Parfois. Je devrais me dire chanceuse. Au mois, cette fois, je n’aurais pas été violée. Dans quelques minutes, il viendra, il ouvrira la porte et me poussera sans ménagement le long du couloir, vers la fin.

Comment accepter cela ? Comment j’en suis arrivée là ? Tout ce que je voulais, c’était faire vivre ma famille. Ma fille, qu’est-elle devenue ? Aujourd’hui, elle devrait avoir douze ans. Trois ans que je ne l’ai pas vue. Je suis partie un matin en lui disant que je reviendrais pour midi. Mais je ne suis jamais revenue. La milice m’a capturée. S’en sont suivi des mois d’horreur, de tortures, de sévices, de questions. Je ne compte plus le nombre de soldats qui ont abusé de moi. Mon corps est lardé de cicatrices, de brûlures de cigarettes, d’anciennes ecchymoses qui n’ont plus guéri à la fin. Cathy, es-tu encore vivante ? Tu n’avais que moi. Je n’ai jamais su. J’ai supplié les soldats d’aller la chercher, de la confier à un orphelinat. Mais je n’ai jamais su s’ils l’avaient fait. J’ai peur. J’ai peur qu’elle soit morte, ou pire, qu’elle vive de la rue comme jadis je l’ai fait. Qu’elle commette les mêmes erreurs qui m’ont conduite ici. Si seulement, mon Dieu, j’avais au moins l’assurance avant de mourir que ma petite est vivante… Après les tortures, les privations, les mois passés dans un cachot humide dans le noir, sans voir jamais la lumière du soleil, ils sont venus me chercher. Ils ont traîné mon corps à travers les couloirs. Je ne m’en rappelle plus très bien, la folie, le vertige de l’emprisonnement, m’avait complètement hébétée. Je me rappelle d’une sorte de cour, où l’on m’a posé des questions. Comme j’étais trop faible pour répondre, on répondait pour moi… Et on m’a condamnée… La mort, à mort, par le bûcher… « Hérétique » ont-ils dit, démente et vénératrice de la luxure et du démon… Tout cela, tout ce que je ne comprenais pas, ils l’ont dit pour moi et…

Je dois m’arrêter là, j’entends ses pas qui se rapprochent de la porte… Il va ouvrir… À vous qui allez lire ce message un jour, vous qui comme moi attendrez la mort, je vous dis, bonne chance. J’espère que votre fin vous sera plus supportable qu’à moi.

Adieu.


--- Eleken,
Un bout de texte écrit sur mon cahier l'autre soir
Avant que le cours de communication ne commence vraiment
En ce moment on me dit que mon style est sombre,
Il suffit de regarder le temps dehors pour savoir pourquoi ;o)

mardi 4 décembre 2007

Dans le noir

Au coin de l’œil.
Toujours.
Elle est là.

M’observant sans cesse. A chaque fois que je me retourne, elle disparaît, mais je sais qu’elle est là. Comme une ombre, un cauchemar à la lisière de ma conscience. Sans cesse, elle est là. Elle m’observe, me regarde. Je n’ose pas garder la même position. Je sais, oui je sais, que si je reste immobile trop longtemps, je finirais par sentir sur ma nuque ses doigts glacés et mort venant m’étouffer, m’étrangler. Et je ne le veux pas, je ne veux pas la laisser faire. Combien déjà, bientôt cinq jours que ce calvaires continu. Pourquoi Seigneur étais-je venu habiter en ces lieux. J’aurais dû laisser cette maison, là où elle était. Un héritage. Quelle joie ce fut au premier abord que cet héritage inespéré. Une lointaine tante, sans descendance, sans parent vivant. J’étais apparemment le seul que le notaire ai pu trouver m’avait-il affirmé. Maintenant pris au piège des serres mortelles de son fantôme, je ne crois plus en rien à tous ces boniments. Elle m’a choisie, m’a attirée ici. Je le sens, je le sais, elle veut prendre possession de mon corps, revivre par moi. Mais je ne la laisserais pas faire.
Et pourtant cela ne fait déjà plusieurs mois, que j’ai emménagé. Au début, tout ce passa très bien. J’ai trouvé un emploi dans la ville, j’ai rencontré mes voisins les plus proches, plusieurs centaines de mètres m’en séparaient tout de même. Ma vie, qui n’avait jamais été des plus chanceuse semblait avoir pris un tournant important. La maison, bien qu’ancienne, disposait néanmoins du confort moderne. Lampe au gaz, âtre large et chauffant bien, vitres hautes et lumineuses. C’était assurément la maison d’une branche aisée de ma famille. Sur les murs, des peintures, surtout des paysages ainsi que quelques portraits. Je trouvais assez vite celui de ma tante bienfaitrice, mais ne la reconnu nullement. Ses traits amers, son teint blafard, ses cheveux plat couleur corbeau, sa robe rouge, rien dans ses airs ne me rappelait un quelconque membre de ma famille.

Et puis, les cauchemars avaient commencés. D’horribles cauchemars dans lesquels j’étais poursuivi par une ombre dans les couloirs de cette maison. Au début, je crus à un simple effet de la solitude dans une grande maison, alors après le troisième cauchemar de cet acabit, je fis l’achat d’un petit chat, que j’appelais Gouache. Il était roux avec des taches blanches et m’apportât beaucoup de joie à jouer avec mes pieds. Mais les cauchemars continuèrent, et loin de se calmer, ils prirent en densité et réalisme. A tel point que je me réveillais de plus en plus souvent en hurlant la nuit. C’est à peu prêt il y a deux semaines, que j’ai commencé à la voir. D’avoir juste une ombre de temps à autre à la lisière de ma perception. A chaque fois je me retournais comme un fou, sursautant de peur, pour ne voir que le vide dans le couloir ou la peinture qui avait toujours été là. Je crus devenir fou jusqu’à qu’une nuit, me réveillant en hurlant, je la vie… Ma cousine, au pied de mon lit, son regard noir figé sur moi, le visage sévère. A l’instant où je la vis, elle disparu en hurlant dans les airs. Seul restât une odeur prononcée de souffre et un peu de poussière dans l’air. J’aurais pu croire à un nouveau délire, si je n’avais trouvé Gouache dans la cuisine un peu plus tard, planté sur la planche à pain avec un couteau… Mort, il s’était vidé de son sang. Aux traces dans le sang, il s’était débattu et avait mis de longues minutes à mourir.

Depuis ce jour, cela n’avait fait qu’empirer, jusqu’à ce que j’acquière la certitude que c’était moi qu’elle voulait. Je ne pouvais en parler à personne et j’étais dans une situation telle que je n’osais abandonner le domicile de peur de la rue, espérant au début que le phénomène disparaisse de lui-même. Malheur sur moi de l’avoir cru… Maintenant je ne peux même plus quitter ces lieux. A peine essaye-je de franchir la porte que mon esprit se tord de douleur et que mon crâne pulse mon sang. J’ai bien essayé, quitte à en mourir, hier soir. Je me rappel, confusément, dans un brouillard de douleur, avoir rampé vers l’extérieur, du sang coulant de mes oreilles et de mon nez… Mais rien n’y fit… Ce matin, je me suis réveillé sur le carrelage de la cuisine, sur sang séché sur tout le visage. Il semble, que dans mon agonie, j’ai fait demi-tour pour retrouver la maison où je pouvais survivre. Elle ne voulait pas que je parte, elle voulait se nourrir de moi, prendre possession de mes faculté… Cette tante qui, j’en venais à douter qu’elle fut la mienne, par quelques moyens démoniaques voulait revenir sur cette terre y répandre sa méchanceté. Que je regrette de n’avoir pas profité des premiers mois pour faire installer le téléphone. C’était, j’avais pu l’utilisait une fois auparavant, une invention qui m’aurait sans nul doute permis de me sauver. J’ai tenté de hurler par la fenêtre, mais hasard de la configuration géographique ou absence de ces derniers, personne n’est jamais venu. Cela fait maintenant cinq jours que je veille sans cesse, marchant sans cesse, sans trouver de solution. Dix que je ne suis pas allé à mon travail, mais apparemment, cela n’a surpris personne. J’arpente les couloirs, redoutant les endroits sombres, mais partout je la vois. Elle m’épie, attend le moment propice pour venir se noyer en moi, chasser mon âme de mon corps, infiltrer son ectoplasme méphitique dans mes muscles et mes trippes.

Je suis dans la cuisine, impuissant, épuisé. Ma vue palpite de noir, se confond, je sursaute sans cesse du sommeil qui irrémédiablement me gagne. Mes muscles tremblent bien malgré moi. Je sais que je ne tiendrais plus une heure. Si seulement je ne pouvais la voir. J’en suis arrivé à l’assurance que c'est le regard qui m’emprisonne par elle. Je suis sur que si j’arrivais à ne plu