Catégories

Les derniers articles

Anciens articles

Perdu dans un monde de cantiques

Par Eleken Traski | 23 novembre 2009

Je ne sais pas quoi faire d’autre,
Que d’attendre un souffle me conter,
Venir à moi, me dire que j’ai raison de m’accrocher,
Autre que ce silence qui me fait des reproches.

Dans la vie, c’est pas simple,
De regarder les marches et de tomber,
De se couvrir de bleus pour une femme aimée,
Et au final que l’absence récoltée.

Topics: Poème | Commentaires fermés

Journal de bord

Par Eleken Traski | 21 novembre 2009

Un peu pour me donner du courage pour poursuivre mes projets, voici le petit compte rendu de mes avancées sur différents sujets (et puis ça fait toujours un truc à écrire) :

Bon sinon pour l’histoire passionnante de ma vie, et bien, aujourd’hui Ikea en famille avec Soeur,Beauf & Bibouche… Zut ! Z’avez ma table à dessin et puis… Non ! Erreur de colis, non conforme, bla bla bla. Bon j’ai ma table à rabat au moins. J’ai aussi acheté un petit marche pied en bois qui en attente de mieux sert de joli support à une de mes plantes. Demain, karaté toute la journée pour le stage d’automne. Youhou !

Le truc appris aujourd’hui : il est très facile de faire de la magie avec une fillette de 2ans et demi :)

Topics: divers | Commentaires fermés

Wind of Change

Par Eleken Traski | 18 novembre 2009


scorpions-wind of change
— Eleken,
Une petite vidéo pour (pas) remonter le moral

Topics: divers | Commentaires fermés

Par Eleken Traski | 17 novembre 2009

Mon cœur éclipsé par le silence,
Se rempli de terreur, s’emplit de moiteur,
Je ne sais plus que penser, j’ai peur,
Je croyais avoir des réponses, pas cette sentence.

Je me suis réveillé en hurlant ce matin,
Le vent me sifflait aux oreilles au sommet d’une montagne,
J’y étais seul alors que je l’avais grimpé, mes yeux pleins de chagrin,
Je contemplais le vide, le précipice, le désir de sauter m’y gagne.

— Eleken,
Connaissez-vous le nom de ce qui empêche d’avancer,
La peur !
Connaissez-vous ma raison de ne pas cesser…
L’espoir.

Topics: Poème | Commentaires fermés

Par Eleken Traski | 16 novembre 2009

Enfermé dans la solitude avec mon talent,
C’est ça la vie de héros, de loup seul, la larme amère,
Sur un requiem de Mozart, je suis le LA de l’air,
Était-ce cela que disait Gainsbourg avant de se coucher sur le flanc,

J’écris des mots, les agence, ne sait pas vraiment les prononcer,
Je vis avec mes erreurs et mes souffrances, sans pour autant pouvoir m’en excuser,
Je choisis ma vie non ? Comme le pain est pétri, je m’en retourne meurtri,
Devant le soleil qui se lève, la vie est une mauvaise blague, je me sens si petit.

Topics: Poème | Commentaires fermés

Des cailloux – partie 09 – La fin du soir

Par Eleken Traski | 14 novembre 2009

Le coup se renouvela contre sa porte. Lornbeck se sentait faible et vulnérable. Etait-ce le tueur qui se tenait derrière cette porte. Il regarda autour de lui, il n’y avait rien qui puisse lui servir d’arme, si ce n’était la bouteille de vin. Il l’écarta car elle se révélerait que difficilement efficace. Il s’approcha à pas feutrés de son manteau resté dans l’entrée et plongea la main à l’intérieur. Il se sentit rassuré quand il sentit le contact froid de son Remington dans la poche. Il l’en sortit et s’approcha un peu plus de la porte. Sa respiration était sifflante malgré lui et lui avait l’impression de faire plus de bruit qu’un train arrivant en gare. Sa main droite lestée de son arme, il posa la gauche sur le verrou. Au même moment où on frappa de nouveau sur la porte. Trois coups appuyés. Trois coups précipités. Lornbeck prit une profonde respiration et ouvrit en grand la porte en se reculant d’un pas, près à en découdre.

Une silhouette immobile et obscure l’attendait dans la pénombre. Lornbeck poussa un soupir de soulagement quand il finit par reconnaître Alpeed. Le regard de celui-ci alla du pistolet au visage du gros bonhomme.

« Excusez-moi de vous déranger si tard inspecteur, mais avec ce qui s’est passé tout à l’heure au commissariat, je n’ai pas eu le temps de vous parler et… Et bien, monsieur, c’est que j’ai un peu peur pour tout vous avouer.
- De quoi avez-vous peur Fergus ? » Fit Lornbeck en soulevant un sourcil puis en invitant Alpeed à entrer d’un signe de la main.

« Dites-moi tout lieutenant, qu’est-ce qui vous inquiète comme cela ? »

Alpeed semblait avoir perdu la contenance qu’il affichait habituellement et qui donnait si bonne impression à Lornbeck qui était vraiment étonné par le changement de physionomie du jeune homme. Il semblait plus jeune avec ce masque de crainte sur le visage.

« Inspecteur, c’est ce que j’ai trouvé au marché tout à l’heure.
- Je croyais que vous n’aviez rien eu de concluant lors de vos interrogatoires.
- Non, rien de très intéressant en effet mais, alors que j’interrogeais un marchand mon pied à buté sur ça » conta Alpeed en sortant de sa poche le petit caillou noir. Lornbeck pris une longue respiration et retira la pierre de la main du lieutenant.

« Je présume que c’était la seule… Sinon vous ne seriez pas là ce soir, racontez-moi un peu à quel moment exactement vous avez trouvé la pierre ? »

Alpeed raconta donc au gros bonhomme comment, en interrogeant un vieux marchand, il avait appris que sa femme avez vu un gamin sur les lieux du crime… Alpeed n’avait pas jugé cela important sur le moment, mais le mouvement de recul de Lornbeck lui arracha une interrogation. Lornbeck perçu son trouble est s’en expliqua.

« Je pense qu’au contraire, ce gamin était important. Vous avez raison d’être effrayé, je le suis aussi… En quelque sorte…  Je commence à croire que le libraire était à la fois victime et bourreau. Je crois que celui qui tire les ficelles utilise des pantins pour accomplir ses crimes. Certainement une espèce de relation maître-à-élève vicieuse… Le libraire a été tué car il a désobéi… Ou fait quelque chose qui a déplu à celui que nous cherchons… Le gamin que la femme a vu… C’est peut-être un autre de ses disciples ? Ou esclave ou quoi que ce fus » S’interrogea à voix haute Lornbeck. Il prit conscience de la où le menait ses conclusions et se décida à parler à Alpeed.

« Fergus… L’homme que nous cherchons, celui qui nous menace… A très certainement tué ma femme… J’ai trouvé ceci dans la librairie, dit-il en sortant le médaillon de sa poche. Ça appartenait à ma femme… »

Alpeed marqua un arrêt et étudia le visage de Lornbeck. Il devinait la tristesse derrière ce regard fatigué. Il devinait la colère au léger tremblement de sa voix. Il devinait la rage, bien cachée, au fond de cet esprit enfermé dans un corps mourant. Le teint cireux et jaunâtre de l’homme ne l’empêchait pas d’être combatif.

« Vous êtes-sûr…
- Il n’y a plus aucun doute pour moi. Je l’ai caché à Haustatsh pour pouvoir faire ma propre enquête, et regardez ça ». Il montra à Alpeed le message dans le journal.

« Cette ordure savait que je le trouverais un jour. Tout du moins l’espérait-il ! Maintenant, nous sommes face à un tout autre problème. Si ce que je pense est vrai, corroboré par vos suppositions, alors ce n’est plus nous qui le chassons…
- Vous voulez dire qu’il nous chasse ?
- Oui Fergus, c’est nous qui somme chassé maintenant. Tout concorde, les meurtres, les cailloux, ce journal laissé sur place car je ne crois pas une minutes qu’il eut été laissé comme cela sans réel but.
- Ce journal… Pourquoi n’en avoir pas parlé ?
- Pour que Haustatsh me colle un autre inspecteur sur le dos ?! Non ! Cette affaire est pour moi… J’ai déjà de la chance qu’il ne me l’ait pas encore retiré. Ce soir j’ai bien cru… Mais j’ai bien peu de temps… »

Lornbeck se retourna est regarda la nuit par la fenêtre. Il ne distinguait rien d’autre qu’un halo lumineux dans la brume autour d’un réverbère au gaz.

« Alpeed, le meurtrier est plus intelligent que moi et il a une longueur d’avance… Sur moi, sur tout le monde dans la maison… Pour le moment nous allons où il veut que nous allions. Il a semé deux corps, des dizaines d’autres derrière lui par le passé dont il n’a jamais laissé une seule trace… Nous n’avons jamais deviné cette série de meurtre. Ma femme elle-même… Je n’ai fait que croire qu’elle m’avait quitté… Je n’ai… C’est une piste qui nous laisse. Volontairement. Il nous appelle, veut nous avoir aller quelque part. J’y réfléchis depuis tout à l’heure, mais quel est l’endroit où l’on peu se cacher idéalement et qui se trouve à deux pas du marché de Lambeth ? Quel est l’endroit où l’on peu se salir les mains laissant des traces comme celles relevés par Waslerd ?
- Il y a plusieurs dizaines de maisons vétustes, des centaines d’habitant s dans le quartier…
- Notre homme ne vit pas dans le quartier, pas au sens propre. Personne n’a rien vu, pas un brin de suspicion de la part d’un voisin. Il ne fait pas bon chasser sur ses terres, beaucoup de tueur sont tombés pour avoir été trop présomptueux de leur supériorité sur leur voisinage et leurs proches…
- Le réseau des égouts qui se construit…
- Et dont l’une des sortie secondaire se déverse dans la Tamise à une centaine de mètres de là. Tout juste Alpeed. »

Alpeed admirait le gros homme pour son esprit vif si contradictoire avec sa corpulence. Il ne comprenait que Haustatsh fut si dur avec lui. Il le dépeignait comme un faible, un homme de peu valeur depuis des mois. Et pourtant, les événements lui donnait tord. Lornbeck était un inspecteur très intelligent et s’arrêter à son apparence ou à son discours était une imbécilité.

« Qu’allons nous faire en ce cas ? Dès demain…
- Non Alpeed, maintenant ! Nous agissons maintenant. Je n’ai pas le temps de me reposer sur un lit, nous devons rattraper notre retard. Si serpent il y a, nous devons le surprendre dans son terrier alors qu’il ne nous attend pas aussi tôt… Allons sur les lieux du meurtre de la prostituée, nous partirons de là. »

Alpeed chercha une raison de dire non mais n’en trouva aucune qui fut plus forte que sa peur pour sa famille. Il voulait résoudre cette affaire au plus pour pouvoir rentrer sereinement chez lui sans craindre que quelqu’un pénètre dans sa maison en pleine nuit pour l’étrangler, lui et sa femme. Aussi acquiesçât-il et suivit Lornbeck dans les escaliers.

***

Le brouillard recouvrait les quartiers de Londres comme une chape. Le silence avait rempli les rues, les gens en avaient déserté le pavé. Les deux hommes avançaient dans le froid sans prononcer un mot. Ils avançaient vers une solution, Lornbeck en avait la conviction. La nuit était glaciale et, malgré son long manteau, il frissonnait et ses pieds étaient comme deux blocs de glace insensibles.

L’inspecteur repassa les événements dans son esprit. Deux jours auparavant, on retrouvait dans une librairie de Dennet Road une femme et un homme tout deux étranglés. L’homme était le libraire qui se révéla être le meurtrier probable de la femme. Sur les lieux du crime, il avait trouvé sur place un indice capital, le médaillon de sa femme, permettant de soupçonner d’autres meurtres. Aussi faibles que fussent ses éléments, Haustatsh l’avait laissé mener l’enquête sur cette base. Une chance. Lornbeck se rendit compte à cet instant que l’attitude de Haustatsh, malgré son apparence, avait été mesurée vis-à-vis de lui… Presque bienfaisante. Sa maladie devait laisser une empreinte bien plus visible qu’il ne l’aurait désiré sur son visage. Haustatsh accordait son dernier repas à un condamné. Cette pensée mit l’inspecteur en colère. Il ne voulait pas de charité… Il voulait une vengeance. Ce matin, Lornbeck avait assisté à deux autopsies, celle des premiers meurtres, puis celle d’une nouvelle victime. Après la découverte du journal dans la maison du libraire, c’était une piste intéressante. Alpeed avait remonté pour lui la piste de cette victime… Le problème était que celle-ci avait était tuée après la mort probable du libraire. L’inspecteur en avait conclu à la présence d’un second meurtrier. Mais cela présentait de nombreuses incohérences avec le meurtre du libraire. Quelque chose d’insaisissable qui mettait Lornbeck de plus en plus mal à l’aise à mesure que le temps passait. Maintenant, ils se dirigeaient vers le quartier de Lambeth et vers l’entrée des égouts… Il avait dit à Alpeed que c’était pour prendre le meurtrier de court. C’était faux, il le savait au plus profond de lui-même. Il entrainait Alpeed dans son délire, dans sa folie de vengeance. Sa course contre la mort.  Ce qu’il montrait au monde était un homme menant une enquête… En lui-même, il n’avait soif que de justice. Il voulait que le sang coule. Il voulait répondre à la fronde du tueur. Il voulait que le meurtrier de sa femme paye… Ce soir, il ne désirait pas vivre un jour de plus. S’il pouvait avoir ce monstre ce soir, il pourrait mourir en paix dans son lit cette nuit… Parce qu’il avait peur… De ne jamais voir le lendemain.

Lorsque les deux hommes arrivèrent sur les lieux, il n’y avait personne pour les accueillir, que la nuit, le brouillard et le froid. Les rues à cette heure, surtout dans ses ruelles pauvres s’étaient épuisées de tout humain. Un chien léché une trace immonde à même le sol avant de s’enfuir à leur arrivée.

« Monsieur, que fait-on ?
- Rien Fergus. Je voulais voir les lieux, voir s’il y avait un quelconque point commun avec le crime de la librairie. Allez savoir pourquoi, j’avais l’impression que cet endroit m’apporterait un indice. Je vois qu’il n’en est rien… Il n’y a ici que de la pierre et du chaume. Rien ne se dégage de cet endroit. Ce crime n’était pas préparé c’est la conclusion logique. Le meurtrier a trouvé une victime ici. C’était une impulsion. Nous avons peut-être une chance. S’il ne planifie pas ses crimes ces qu’il est faillible. Il peut tomber sous le coup de son impulsion, laisser une trace. Il est habile, dangereux, mais il a cette faiblesse de ne pas contrôler complètement ses actes. »

Alpeed écouta les conclusions de Lornbeck. Il ne pouvait en nier la pertinence même si lui considérait que deux crimes ne suffisaient pas à dresser le profil du meurtrier. C’était presque ridicule… Il pensait surtout à sa femme qui l’attendait chez eux. Elle devait se morfondre de son absence. Il espérait que le semeur de cailloux n’y serait pas. L’inspecteur continua de discuter et de réfléchir à voix haute pendant quelques minutes, puis il parti en direction des quais de la Tamise.

***

le-clapsLe tunnel d’évacuation des égouts faisait environ deux mètres de haut pour un et demi de large. Il absorbait les ténèbres avec une intensité qu’Alpeed jugea quasi surnaturelle. Lornbeck lui ne s’arrêta pas une seconde avant d’entrer dans le tunnel. Après un pas, il se retourna.

« Vous venez Fergus ?
- Oui inspecteur. » Répondit Alpeed d’une voix chevrotante, n’osant plus exprimer le moindre recul. Il doutait que Lornbeck fut dans un état d’esprit à la réflexion plus longue. Ce que ne comprenait pas Alpeed c’était pourquoi le gros bonhomme se jetait comme cela dans l’antre du loup. Il semblait presque savoir où aller… Il tapota son manteau à la recherche de son arme de son service. Sa présence ne suffit pas à le rassurer.

Lornbeck fit cinq pas dans l’obscurité. Il se voulait déterminé. En vérité, il était terrifié. S’il s’était arrêté une seule minute, une seule seconde, il n’aurait pas pu avancer. Si Alpeed ne l’avait pas suivit… Dans quoi embarquait-il le jeune homme ? Il ne devait pas… Il ralentit le pas… Un bruit devant lui. Un choc. Un son mou… Il se pétrifia sur place. Il sentit Alpeed se raidir dans son dos. L’eau qui se brise, un bruit de pas qui approche. Rapidement. Lornbeck ne vit rien. Dans sa précipitation, il n’avait pas pensé au plus évident. Une lanterne. Il comprenait maintenant qu’il n’aurait pas pu faire un pas de plus dans ce noir charbon. Il ne distinguait qu’à grand peine ses propres mains…

La forme heurta l’estomac proéminent de l’inspecter lui arrachant une exclamation de douleur. Ce qui se révéla être un enfant tituba et s’effondra sur le côté. Lornbeck regarda Alpeed qui marquait lui-même son interrogation, son corps hésitant encore.  Le gros homme fit un pas en arrière, heurta Alpeed sur lequel il rebondit avant de s’effondrer à genou. Le lieutenant le vit vomir de gros caillots de sang noirs indiscernable de l’obscurité. L’enfant avait des yeux hallucinés qui ne se détachaient pas du spectacle morbide du gros homme. Il semblait à la fois distant de la scène et particulièrement choqué. Comme si son esprit oscillait entre les deux solutions.  Allongé sur le dos, il ne bougea pas, son regard se voilà et Alpeed su qu’il avait perdu connaissance. Il prit alors toute la mesure de son décharnement. On aurait dit qu’il ne s’était pas alimenté depuis un mois.

Alpeed se pencha vers Lornbeck qui tentait de respirer calmement malgré son visage crispé par la douleur.

« Inspecteur, monsieur… Qu’est-ce que… ?
- Allez chercher quelqu’un… Arg… J’ai trop mal pour bouger… Aidez-moi lieutenant. »

Alpeed souleva Lornbeck par les épaules afin de l’assoir contre la paroi à l’opposé de l’enfant. Il geignit tandis que le lieutenant essayé de déposer son corps massif contre la brique. L’inspecteur toussa violemment, un filet de sang s’écoula au coin de sa bouche.

« Raa… Allez-y Alpeed. Trouvez quelqu’un pour venir nous chercher… Je crois… Je crois bien que cette fois…  Lornbeck manqua de s’étouffer et cracha sur le sol un nouveau caillot. Je crois que le temps m’a rattrapé. J’ai froid… »

Alpeed vit le visage blême de l’inspecteur. Comme un masque de cire, celui-ci semblait s’affaissait sur lui-même. Il l’entendit continuer à parler mais il ne compris pas un mot. Il comprit que le pauvre homme délirait sous la douleur. Il enleva sa veste et recouvrit le corps massif. Heureusement qu’ils n’avaient fait que quelques pas dans le tunnel. Il hésita, devait-il emporter le gamin tout de suite avec lui. Il n’avait pas l’air bien lourd, mais il jaugea la situation bien trop risquée. Il ne devait pas perdre de temps, Lornbeck semblait pouvoir mourir d’une minute à l’autre. Il parti en courant en espérant retrouver l’un et l’autre à son retour.

***

Le père de Lornbeck le regarda droit dans les yeux « Le mal se sert de…

Lornbeck ouvrit les yeux. D’abord, il ne vit rien. Seulement l’obscurité et, pendant un instant, il eut peur d’être mort. Cette peur le paralysa, il n’aurait pas cru avoir si peur. Il se croyait près à mourir. Personne n’est jamais près à mourir. L’abandon n’est pas dans la nature humaine, il n’était pas dans la nature de Lornbeck. L’humidité lui glaçait les os. Peu à peu ses yeux s’habituèrent et il se senti soulagé en distingua la silhouette indéfinie de l’enfant reposant sur le côté à un mètre de lui. Le gamin, peut-être celui qui était sur les lieux du crime… Quel lien avait-il avec le tueur ?

Le gamin bougea. L’inspecteur distingua le reflet de deux prunelles qui se fixèrent sur lui. Un ploc résonna. Quelque chose de petit venait de tomber dans le filet d’eau qui les séparait. Lornbeck imagina tout de suite ce que cela pouvait être.

L’enfant  parla si bas que Lornbeck n’en compris que quelques mots.  Il sentait qu’avec ces paroles s’échappé la solution de l’énigme qu’il était venu résoudre.

« Le… mal… Tapie dans l’ombre… Il… une maladie… Aidez… Pitié… Ma mère… Mourant… Je… Père… Fuir… Vivre… Seigneur… Que le temps de… Libéré par votre… » La voix de l’enfant était faible et rauque. Elle était aussi douce et fatiguée. Elle s’épuisa comme le mince fil qui rompt.

L’enfant retomba inconscient. Lornbeck avait de plus en plus froid. Il avait l’impression que déjà un bon quart d’heure était passé. Il entendait son sang battre à ses oreilles. Il entendait le vent souffler, le fleuve s’écouler. Il avait mal. Si mal qu’il souhaita mourir dans l’instant. Quelqu’un d’autre le vengera pour lui… A peine eut-il formulé cette requête secrète qu’il recommença à s’étouffer dans son sang. Ses poumons le brûlaient et peinaient à lui fournir de l’air. Il se sentit partir. Il glissa sur le côté.

Avant que sa tête ne heurte le sol… Tout n’était qu’obscurité.

Le petit cailloux noir fut entrainé par le courant et se perdit dans le fleuve.

— Eleken,
Voici la partie 09 de ce récit qui prend toujours en profondeur,
Je ne sais pas si cela apportera du mieux ou pas…
Un homme sans savoir ne peut pas l’inventer…
J’espère être moins long pour la partie 10

Topics: Mes textes | Commentaires fermés

Par Eleken Traski | 10 novembre 2009

Que dois-je attendre ?
Un appel, un chant, une missive du fond des âges,
Que ferait en mon sens l’ange, le sage,
La méchanceté n’est pas bonne à prendre.

« Vous avez mauvaise mine » m’a dit le médecin,
Il n’a pas vu dans quel état reste mon coeur,
Je vois les secondes, les minutes et les heures,
Elles s’enfuient, peut-être pour demain, peut-être pour rien.

Quand je pense aux larmes qui m’accablent,
Aux désirs de te serrer contre moi,
Pourquoi est-il si dur de faire ce simple choix,
Pourquoi attendre à l’impossible sur table ?

Si moi j’ai fait le choix de t’aimer,
Pourquoi j’ai l’impression aujourd’hui d’être oublié,
Cela ne sont pas de joyeuses paroles,
Mais le silence lui me corrode.

Alors, je suis encore là avec espoir,
Mais ne me revient que du noir,
Il y a dans mes doigts un talent, dont mon esprit se repent,
Il y a dans mes choix un soupir, une larme, mon visage fouetté par le vent.

Pas d’allumette dans le noir,

J’ai peur…

Topics: Poème | Commentaires fermés

Par Eleken Traski | 9 novembre 2009

Vivre dans l’attente,
Vivre dans l’ignorance,
Ce n’est que vivre une  mort lente,
Ce n’est qu’infliger plus de souffrance.

J’avais pourtant demandé,
A ce qu’il n’y ait plus de silence,
Faute de te me croire exaucé,
A des chiens comme pitance.

Je ne crois pas avoir à porter les fardeaux,
Ni à supporter les coups et les morsures,
Je ne suis pas la cause de tes maux,
Alors pourquoi en supporter l’usure ?

Je suis la victime lancinante,
D’un monde où l’on ne doit pas regarder,
J’ai commis la seule faute d’aimer,
Maintenant de mourir dans cette attente.

Topics: Poème | Commentaires fermés

Les premières neiges

Par Eleken Traski | 9 novembre 2009

SPM_A0066Des questions, qu’on s’en pose des questions quand on est si peu fourni de réponse. Qui ? et surtout Quoi ? Et encore comment ? J’écris sur les ultimes moments de Piaf, triste, mélancolique, c’est bien là tout le ton de cette journée. Même cachée derrière un masque, je ne peux pas l’oublier. Cette mélancolie. Cette tristesse, cette frayeur, ce sentiment d’être inutile à ce monde. Il y avait une source aujourd’hui, l’eau jaillissante des profondeurs, sans compréhension, sans but, juste s’écoulant, car s’était là que, les failles géologiques aidant, elle se devait de jaillir. Parce que c’est comme ça la vie, elle est écrite, ou bien elle se déroule, peu importe, je n’ai pas de pouvoir sur son déroulement. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, je ne sais pas de quoi aujourd’hui était fait. Inutile, je me suis senti si inutile aujourd’hui. Pas de but, pas de main à mon bras. Où est partie mon aimée ? Celle pour qui j’ai crié ? Où est partie mon amour ? Celle à qui j’ai dis pour toujours… Je souffre trop en cet air de silence, je souffre trop en cette vie de rance. La vie m’a tout pris. Mon humanité, mes espoirs, mes rêves… Que me reste-t-il aujourd’hui, épuisé de toujours perdre, de toujours échouer. Quelle est ma place dans ce monde ? Vous qui vivez, vous qui ne vous posez pas cette question, comment arrivez-vous à vivre ?

Le temps n’est pas une réponse, le silence est une agression perlée de souffrance, un bain d’acide, une chape inhumaine qui vient enterrer mon moi, ma forme, ma vie, mon existence. Même ceux qui me connaissent me rappellent encore, sans même s’en rendre compte, sans volonté de mal, combien je suis loin de cette humanité que je cherche à ressentir. Une existence de robot, et pourtant ce sont des cernes sous mes yeux, ces prunelles qui reflètent la souffrance de toute une vie, je ne suis pourtant qu’un gamin, selon les standards de beaucoup. Je n’ai pas le droit à la plainte, à la souffrance selon d’autres. A vous je vous dit merde, car vous ne savez rien de ce que fut cette horrible vie que je traine, mon fardeau, puante, suffocante, pénible. Un grand amas vide de sens. Pas celle que l’on peut représenter par les coups, mais bien celle qui amène à la putréfaction de l’esprit, celle qui fait qu’a pas même trente année d’une existence, on se demande ce qu’elle pourra amener de bien, de plus, si ce n’est encore d’autres souffrances… Pourquoi devrait-elle m’amener du bien, du bon ? Ce ne sont pas les larmes que je verse qui m’apporteront ce que je souhaite. Une vie avec de la joie, un peu de bonheur, un peu de partage. Un peu de chaleur dans l’obscurité la nuit. J’ai voulu tout donner, tout partager… Où suis-je maintenant ? Je coule dans une obscurité de noirceur. Pourquoi c’est ça ma vie !? Pourquoi ? La réponse la plus simple serait parce que je l’ai choisie… Connerie ! Mais qui choisi une vie de souffrance ? Qui choisis une vie dans laquelle, pour chaque pas, on vous frappe un peu plus fort, on me rappel ce que je suis, surtout ce que je ne suis pas. Et pourtant j’essaye de m’en échapper de cette ruine, ce cycle de perdition. Mais c’est comme si je prenais des coups de pieds sur les doigts chaque fois que j’essaye de m’accrocher.

SPM_A0065Il y avait des beaux paysages aujourd’hui, il y avait de bons moments dans la journée. Pourtant, comme chaque jour, comme chaque nuit, je me couche en pleurant. Bien sur parfois, il n’y a pas de larmes visibles… Parfois j’arrive même à les oublier pendant quelques minutes. En y a dans la vie un cadeau fait de poison. C’est la vie elle-même, quand on ne sait pas comment en profiter. Une vie qu’on ne vit pas.

Toutes les portes sont ouvertes, je les ai ouvertes maintes et maintes fois, je les laisse ouvertes malgré le froid glacial, malgré mon froid… Afin que mon oiseau blessé passe le pas, fasse acte, prenne le chemin de l’entrée… Trouve ma lumière. M’apporte la sienne. Je ne sais plus quoi faire pour qu’il me vienne… Pour que de cette vie je fasse enfin quelque chose qui ne soit pas cette chute éternelle qui me mène à la douleur.

La neige est là… C’est froid mais… J’aime ça.

Topics: Mes textes, divers | Commentaires fermés

Le quatre de trois

Par Eleken Traski | 6 novembre 2009

Que faire ? Que dire ? Quoi !?

Je ne sais pas et je ne sais rien… Quand il n’y a plus aucun mot, que dois-je savoir, voir ou avoir comme comportement ?
Faire pour me le faire reprocher, ne pas faire pour me le faire reprocher. Que puis-je faire puisque rien n’est à faire. Normal, puisque je n’ai aucune consigne de faire… Je suis tel le cocher, j’attends ma destination.

La journée, je guette les oiseaux tout autant que je les redoute. Me feront-ils du bien ? Me feront-ils du mal ? J’espère, même si j’ai peur, un oiseau qui me lance un appel, qui m’appelle à lui, me demande de le sauver car il ne peut voler, ses ailes blessées. Je le prendrai dans ma paume, délicatement, et je le ramènerai dans mon chez moi, pour l’y guérir, pour l’y soigner. Il aura chaud dans mes mains. J’ai peur que l’oiseau soit déjà mort de froid, tué par le vent glacial et impitoyable.

Je vois les arbres devant moi…

Il fait froid ce matin, le soleil se lève. C’est le bon moment, mais dans la rosée ce matin, je n’entends que le silence.

Topics: divers | Commentaires fermés


« Articles précédents